Montréal

Des projets immobiliers sèment la bisbille à Montréal-Est

Montréal-Est

Des promoteurs auraient approché des résidents du secteur.

La construction de nouveaux projets immobiliers dans un secteur du centre-ville de Montréal-Est pourrait être bloquée à la suite du dépôt d’un avis de motion au dernier conseil de ville. Ce à quoi s’oppose vivement le maire Robert Coutu.

Proposé par la conseillère indépendante et candidate à la mairie Anne St-Laurent, l’ajout de l’avis de motion à l’ordre du jour de la séance du conseil de Ville du 17 février a été voté à 4 contre 3.

La motion propose un changement de zonage empêchant la construction d’immeubles qui ne sont pas unifamiliaux dans le quadrilatère s’étendant à l’est de l’avenue Sainte-Marie jusqu’à l’ouest de la rue Broadway et du sud de la rue Notre-Dame jusqu’au parc de l’hôtel de ville.

Selon Mme St-Laurent, il s’agit d’une réaction aux ardeurs de développeurs immobiliers qui auraient fait des offres d’achat à des résidents du quadrilatère. La Ville a redirigé notre demande d’information sur ces projets à l’accès à l’information.

Consultations

Inquiète des impacts que pourraient avoir de nouveaux projets résidentiels multi-logements sur les résidents du «plus beau secteur de la Ville» et sur l’aspect visuel du quartier,  Mme St-Laurent soutient que le choix doit revenir aux citoyens. Elle souhaiterait la tenue d’une consultation publique après la pandémie, afin de permettre à ceux-ci de s’exprimer sur la question.

Une vision qu’est loin de partager le maire. S’il est d’accord de consulter les citoyens, cela devrait à ses yeux se faire avant d’opérer tout changement de zonage, et non après.« Je l’ai dit à Mme St-Laurent en conseil: « vous imposez votre vision aux citoyens »».

M. Coutu déplore notamment que l’avis de motion ait été déposé avant que les recommandations du Comité consultatif en urbanisme concernant le projet aient été présentées en conseil.

À son avis, les projets immobiliers bloqués pourraient «faire perdre beaucoup d’argent » aux citoyens approchés par des promoteurs. « Les gens ne sont pas obligés de vendre leur maison. Ils ont le choix de déménager ou non, on n’exproprie personne», précise-t-il.

Centre-ville

Le plan d’urbanisme adopté par Montréal-Est en 2016 compte parmi ses objectifs d’augmenter la densité de certains secteurs en développement.

Dans ce plan, la densité de construction résidentielle projetée dans la zone visée par la motion y est décrite comme «élevée», soit de 85 logements par hectare.

«Quand on a adopté le plan d’urbanisme en 2016, Mme St-Laurent était tout à fait d’accord avec ce plan», défend le maire.

Mme St-Laurent concède qu’elle avait appuyé le plan à l’époque, or les choses ont changé depuis, soutient-elle.

«Depuis 2016, beaucoup de petites maisons ont été démolies pour construire des duplex, des triplex, et plus» soutient-elle. Elle soutient que les nouveaux logements et la réfection de la rue Broadway ont fait perdre beaucoup d’espaces de stationnement, un phénomène qu’elle souhaite freiner.

Avis de motion

L’ajout de l’avis de motion à l’ordre du jour a été soutenu par les conseillers Anne St-Laurent, Alain Dion, Yan Major et Michel Bélisle. Il serait discuté lors de la prochaine séance du conseil municipal de Montréal-Est, qui aura lieu le 17 mars.

Si la motion ne l’enchante pas, M. Coutu soutient qu’il n’aura pas de choix que de «respecter la démocratie».

« Mais on va attendre de voir ce qui se passe ».

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