Montréal

Élections: les villes liées veulent revoir le partage des dépenses avec Montréal

Lucien-Saulnier

L'édifice Lucien-Saulnier, qui occupe actuellement la fonction d'hôtel de ville de Montréal.

À l’approche des élections municipales, l’Association des municipalités de banlieue (AMB) qui regroupe les maires des villes liées de l’agglomération de Montréal presse les candidats déclarés et pressentis à la course à la mairie d’expliquer comment ils entendent revoir le partage des dépenses entre Montréal et ses villes liées.

C’est ce qu’a laissé savoir le président de l’AMB et maire de Montréal-Ouest, Beny Masella, dans une lettre ouverte publiée mardi où il demande un «vrai partenariat» entre la ville-centre et les autres villes de l’île.

Nées des défusions de 2005, les villes liées comptent 15 municipalités sur l’île de Montréal qui accueillent environ 250 000 habitants. Elles partagent avec l’agglomération montréalaise des services publics comme la gestion de l’eau, la police, les pompiers et le transport collectif.

C’est pourquoi les représentants des municipalités de banlieues demandent aux candidats à la mairie d’expliquer comment ils perçoivent les relations entre la ville-centre et ses villes liées.

Plus particulièrement, ils souhaitent obtenir plus d’informations sur la manière dont ils comptent établir un nouveau cadre du partage des dépenses d’agglomération.

Partage des dépenses d’agglomération inégal

Les villes liées contribuent annuellement pour près de 440 M$ au budget de l’agglomération de Montréal.

Il s’agit «d’une somme largement supérieure au poids démographique de nos villes», précise Beny Masella. Selon l’AMB, les citoyens de ces banlieues paient une somme 62% plus élevée que ceux de Montréal.

Face à cette «iniquité», Montréal et les villes liées s’étaient entendues sur une formule temporaire de partage des dépenses d’agglomérations en 2017. Or, cette entente a pris fin en décembre 2019.

Devant la nécessité d’établir une formule permanente, les villes liées ont proposé des ajustements à cette formule de partage dans le but de la rendre plus équitable.

Elles proposent notamment d’intégrer des indicateurs qui tiennent compte du principe d’utilisateur-payeur.  «Malheureusement, nous faisons face à un mur d’indifférence de la part de notre principal partenaire qui refuse depuis plusieurs mois de négocier», déplore Beny Masella.

«Impasse»

Devant cette «impasse», un comité de travail a été mis sur place par la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest.

Celui-ci devrait normalement permettre de conclure une entente d’ici le mois d’août. Or, selon l’AMB, les travaux de ce comité sont boudés par les représentants de la Métropole.

«Montréal refuse toujours de discuter et trouve diverses mesures pour retarder la tenue des rencontres. Cette situation est inacceptable et irrespectueuse», affirme M. Masella.

Dans cet esprit, il interpelle les candidats à se prononcer sur la manière dont ceux-ci comptent dénouer «l’impasse existante» afin d’établir un nouveau cadre du partage des dépenses d’agglomération.

Réactions

Appelée à réagir, l’administration de Valérie Plante se défend. «Nous avons toujours voulu collaborer sur ce dossier», écrit l’attachée de presse du comité exécutif, Laurence Houde-Roy.

«Toutefois, compte tenu du fait que la ville liée de Beaconsfied, membre de l’Association des municipalités de banlieue, a pris la décision de poursuivre la Ville de Montréal sur cet enjeu, cela a ralenti et complexifié le déroulement des négociations tel que prévu initialement», poursuit-elle.

De son côté, le maire de Pierrefonds-Roxboro et membre du caucus d’Ensemble Montréal, Jim Beis, trouve «déplorable» que l’administration de Valérie Plante ne se soit pas encore assise avec les villes liées.

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