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Montréal

Splendeurs et misères de la Main

locaux vacants

Des locaux commerciaux vacants situés sur le boulevard Saint-Laurent, à Montréal.

Le mythique boulevard Saint-Laurent, entre les rues Sherbrooke et Mont-Royal, n’a pas bonne mine depuis quelque temps déjà. Mais invoquer uniquement les interminables travaux ou le prix des parcomètres est trop facile, croient certains. Analyse d’un coma annoncé et d’un début de résurrection.

Une image à refaire
Le chiffre fait froid dans le dos. Entre les rues Sherbrooke et Prince-Arthur, 11 commerces sur 36 sont vacants. Un taux d’inoccupation d’un peu plus de 30 %, digne des pires années de récession. Pour une artère qui revendique son caractère festif et ses boutiques uniques, le côté tristounet du coin n’est pas très invitant et des commerçants blâment pour cela les autorités municipales.

Mais ils se sont possiblement tirés dans le pied en contestant de façon trop forte la durée des travaux et la hausse du prix des parcomètres, croit Glenn Castanheira qui dirige la Société de développement commercial du boulevard Saint-Laurent. «Ça a donné l’impression que magasiner sur la Main, c’était l’enfer», selon lui. Pour remédier à la morosité, l’ancien propriétaire de la rôtisserie Coco Rico a plusieurs idées.

Pour les vitrines vides, la SDC investira 15 000 $ pour que l’organisme UMA habille cinq d’entre elles de photographies d’artistes, plus invitantes que du papier brun. Un premier festival mural sera aussi organisé du 13 au 16 juin pour décorer les murs pleins de graffitis et M. Castanheira ne désespère pas de pousser l’arrondissement à installer plus de bancs et de bacs à fleurs devant les boutiques pour donner à la rue un aspect moins gris et bétonné.

Écosystème fragile
«Le succès d’une artère commerciale tient à la bonne proportion de boutiques de jour et de commerces de nuit», fait valoir M. Castanheira. Actuellement, la portion sud, sous la rue Prince-Arthur, est en déséquilibre. American Apparel, Ardène, Telus, Jola & Emily et Multimags ont fermé boutique et le cinéma Excentris ne joue plus aussi bien qu’avant son rôle d’aimant à clients.

Le secteur est aussi particulièrement victime de la spéculation qui a eu raison des plus petits. «Quand une rue a vécu grâce aux bars qui rapportent des loyers de 20 000 $ par mois, c’est dur pour les propriétaires de passer à des commerces de jour qui rapportent moins de 4 000 $. Ils préfèrent souvent laisser les commerces fermés», déplore M. Ferrandez.

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Dans d’autres cas, comme celui de la boutique Ardène, la maison mère a écarté l’idée de créer un concept de boutique à l’image du boulevard. «On aimerait pouvoir agir plus en amont auprès des propriétaires et des commerçants pour pouvoir les conseiller. C’est pourquoi en 2014, on va ouvrir une boutique-conseil sur la rue», indique le directeur de la SDC.

Réglementation à revoir
L’enfer est pavé de bonnes intentions, dit le proverbe. C’est vrai pour la création des terrasses extérieures, censées dynamiser les artères. «Chez nous, elles sont beaucoup trop chères et les règles adminis­tratives sont trop contraignantes pour qu’un nombre suffisant de commerces en installe et que cela ait un effet sur l’ambiance de la rue», croit Glenn Castanheira.

Pour ce qui est des incivilités et des bagarres à la sortie des bars, plusieurs commerçants demandent que la législation soit assouplie. La fin de la vente d’alcool serait maintenue à 3 h du matin, mais on donnerait jusqu’à 4 h aux bars pour se vider, étalant ainsi la sortie des clients imbibés. «On aimerait aussi que les commerces de détail puissent fermer à 20 h la fin de semai­­ne, comme cela se fait au centre-ville, car notre clientèle est composée à 15 % de touris­tes qui font du magasinage en soirée», affirme M. Castanheira. Sur ce point, l’arrondissement et le député Amir Khadir ont déjà offert leur soutien, reste à convaincre le gouvernement.


Pour les vitrines vides, la SDC investira 15 000 $ pour habiller cinq d’entre elles de photographies d’artistes plus invitantes que du papier brun. / Mathias Marchal/Métro

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