La volonté de Benoit Labonté de ramener l’Expo à Montréal en 2020 n’a pas encore suscité beaucoup d’adhésion populaire. De plus, certaines directions envisagées ne correspondent pas aux directives du Bureau international des expositions (BIE).
L’urbaniste et chef du parti Projet Montréal Richard Bergeron rejette du revers de la main la proposition de M. Labonté d’organiser l’Expo 2020 sur les terrains créés par le recouvrement de l’autoroute Ville-Marie.
«Ça prend beaucoup plus de place que ça pour faire une exposition, affirme-t-il. Cet espace est beaucoup trop étroit. En plus, le Palais des congrès et le CHUM ont déjà réservé certains espaces. Il ne reste en réalité que l’espace entre la rue Hôtel-de-Ville et le boulevard Saint-Laurent et celui entre le square Viger et le pont Jacques-Cartier. À moins d’avoir une Expo ultra compacte, qui n’aura aucun panache, ça ne marche pas.»
L’idée de décentraliser l’Expo dans différents arrondissements n’est même pas envisageable selon les critères du BIE. «Une Expo doit être située sur un seul site bien délimité tel que stipulé par la Convention du BIE», indique Tomoko IImura, au secrétariat du BIE.
Certaines réserves
Du côté de Montréal, le projet n’a pas encore réellement levé. Chez Héritage Montréal, on n’est pas contre l’idée, même si on y ajoute plusieurs bémols. «Ce n’est pas une mauvaise idée pour relancer Montréal, mais il faudrait avoir un plan», estime Dinu Bumbaru, directeur des programmes de l’organisme.
M. Bumbaru s’interroge sur la pertinence d’opter pour un projet aussi loin dans l’avenir. «Pour un maire, 2020, c’est deux mandats et demi avec tous les risques de changement d’orientation que cela suppose en cas de changements à la mairie», soutient-il.
Même son de cloche du côté de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, qui n’a pas reçu de demande officielle d’appui concernant le projet, selon son président, Michel Leblanc. En 2001, alors qu’il était encore consultant pour la firme Secor, M. Leblanc avait participé à l’ébauche d’un tel projet. «Monter un dossier de candidature coûte cher, et ça prend un engagement des trois paliers de gouvernement, qui renvoyaient alors tous la balle dans le camp de l’autre», se rappelle-t-il.