Après des années passées à implanter un système de récupération des matières recyclables et à ancrer l’utilisation du bac vert dans les habitudes des Montréalais, la Ville s’est trouvé un nouveau cheval de bataille : le compostage.
Selon les échéanciers inclus dans le Plan directeur de gestion des matières résiduelles (PDGMR), dévoilé vendredi à la suite de son adoption par le comité exécutif de la Ville, tous les résidants de l’île de Montréal devraient être munis d’un bac brun d’ici 2014.
Afin de traiter les matières organiques ainsi récupérées, Montréal se dotera, d’ici cinq ans, de quatre nouvelles infrastructures de compostage. Un appel d’offres sera également lancé sous peu afin d’identifier les entreprises capables de valoriser 5 000 tonnes de résidus alimentaires par année. Au moment de sa signature, cette entente s’ajoutera au contrat octroyé en octobre par la Ville pour la valorisation de 1 350 tonnes de matières putrescibles.
Montréal espère que la mise en place d’une collecte de résidus de table lui permettra de réduire la quantité de déchets envoyés dans les centres d’enfouissement.
Présentement, seuls un arrondissement (le Plateau-Mont-Royal) et trois villes liées (Côte-Saint-Luc, Pointe-Claire et Westmount) offrent une collecte de matières organiques. Alors que les résidus de table composent 47 % des matières résiduelles générées, on en récupère seulement 8 % sur le territoire montréalais.
Le recyclage avant les déchets
Le PDGMR compte en tout 49 actions concrètes. Parmi les plus importantes figure la suppression d’une collecte d’ordures ménagères sur deux.
Déjà, une seule collecte d’ordures est offerte chaque semaine à 15 % des résidants de l’île de Montréal. Cette situation devrait devenir une réalité pour l’entièreté du territoire montréalais d’ici 2014.
À l’inverse, de nouveaux outils seront offerts à la population d’ici la fin de 2010 afin d’encourager la collecte de matières recyclables.
Les bacs verts seront graduellement remplacés par des bacs roulants plus imposants. Là où les bâtiments ne permettent pas l’implantation de tels bacs, soit dans près du tiers des résidences, un nouvel outil de recyclage, autrefois présenté comme le «bac-sac», mais dont le nom reste à être choisi, sera implanté.
Alliées à une campagne d’information et de sensibilisation, ces nouvelles mesures devraient permettre à la Ville d’atteindre rapidement son objectif de récupération de 60 % des matières recyclables et de se lancer à la poursuite de son nouvel objectif de 80 %. En 2008, le taux de récupération des matières recyclables se situait à 53 % à Montréal.
Le CRE approuve
Le Conseil régional de l’environnement (CRE) de Montréal a accueilli favorablement le Plan de gestion des matières résiduelles. L’organisation demande toutefois un engagement financier ferme de la Ville de Montréal qui garantirait la réalisation de toutes les actions prévues dans le Plan. Selon le CRE-Montréal, la Ville devrait investir 8 M$ de plus chaque année pour atteindre tous ses objectifs.