Le 12e festival État d’urgence, dédié aux personnes itinérantes, risque d’être le dernier, du moins ses organisateurs Annie Roy et Pierre Allard réfléchissent en effet à l’avenir de l’événement, qui est devenu trop gros pour ce qu’ils peuvent produire.
«L’événement est toujours aussi pertinent sur le plan social et artistique, mais sa production devient quelque chose de lourd pour l’ATSA [l’Action terroriste socialement acceptable], soutient Annie Roy, cofondatrice de l’ATSA et d’État d’urgence. Il est rendu à un stade où ça lui prend une structure de financement qui lui soit propre et qui ne nous incombe pas seulement à nous.» C’est donc un cri d’alarme que les deux artistes lancent afin d’essayer de trouver des solutions.
Malgré les pépins de gestion, les organisateurs promettent d’en mettre plein la vue durant ce 12e festival qui se déroulera sous le thème «Tout- inclus». En plus des dortoirs, des repas et des divers services offerts aux sans-abri du 25 au 28 novembre, les festivaliers auront droit aux prestations de plusieurs artistes, notamment Les sept doigts de la main, David Marin, Jérôme Minière et Philémon chante.
«Notre tout-inclus à nous en est un qui inclut les exclus, explique l’organisatrice. Ce qu’on veut dire à travers tout ça, c’est que ce monde en papier glacé, cette carte postale parfaite que nous vend la société de consommation nous rend aveugles à plusieurs problématiques réelles dont on devrait vraiment s’occuper, comme l’itinérance.»
Pour la première fois cette année, la rue Sainte-Catherine sera fermée aux voitures entre les rues Berri et Saint-Hubert pour toute la durée de l’événement. S’y tiendront des séances de cinéma intérieures et exérieures, des expositions, des performances, des causeries et des spectacles. «Des Gentils Organisateurs prendront les gens en charge et mettront du soleil sur la place Émilie-Gamelin», conclut Mme Roy.