À moins d’un règlement aussi rapide qu’inattendu, les 253 syndiqués du Journal de Montréal entameront, le 24 janvier, leur troisième année de lock-out.
Pour souligner ce triste anniversaire, le Syndicat des travailleurs de l’information du Journal de Montréal (STIJM) organise un deuxième «concert de solidarité» et espère que l’appui populaire suscité saura enfin faire fléchir Quebecor.
Animé par Les Zapartistes, Le Show du cadenas II délaisse cette année le La Tulipe au profit du Métropolis. Il réunira Bernard Adamus, Damien Robitaille et Karkwa, des artistes qui, ironiquement, sont tous sous contrat avec Distribution Select, propriété de Quebecor.
«Nous saluons l’audace de ces artistes parce que ça prend du courage pour appuyer publiquement les lock-outés quand on connaît l’empire Quebecor et l’étendue de ses tentacules dans l’industrie artistique au Québec», a indiqué l’instigateur du Show du cadenas II, le journaliste Philippe Renault.
Ce concert, qui vise à rappeler à la population que le conflit de travail au Journal de Montréal n’est pas terminé, mais aussi à amasser quelques dollars au profit des lock-outés, précédera d’une semaine la commission parlementaire sur le lock-out, qui doit débuter le 1er février.
Le président du STIJM, Raynald Leblanc, espère que le conflit sera réglé avant cette date, mais assure que rien n’empêchera le syndicat de poursuivre sa bataille si ce n’est pas le cas.
«Le fonds de grève ne sera pas épuisé, a assuré M. Leblanc. On m’a beaucoup reproché d’avoir dit, au début du conflit, qu’on avait suffisamment de fonds de grève pour tenir pendant deux ans, mais à ce moment, il fallait que je rassure les syndiqués. Je ne referai pas l’erreur d’annoncer une autre date.»
Les négociations entre le syndicat et la partie patronale sont présentement au ralenti. Depuis le rejet massif de la proposition de règlement présentée par Quebecor au mois d’octobre, le dossier a très peu progressé.
«Nous voulions négocier après le vote, a rappelé Raynald Leblanc. Nous estimions que nous avions une belle fenêtre jusqu’à Noël, mais Quebecor a fait traîner les choses. La volonté de régler le conflit avant Noël n’y était pas.»
Le syndicat espère que la commission parlementaire sur le Journal de Montréal mènera à une refonte du code du travail et de la loi anti-briseur de grève. Il souhaite aussi que le gouvernement ose, d’ici là, donner un mandat clair au médiateur nommé dans le dossier pour qu’il force la partie patronale à négocier et à régler le conflit.
Les billets pour Le Show du cadenas II sont en vente au coût de 20 $ chacun au www.admission.com.
La suite
- La très grande majorité des 253 lock-outés poursuivent la bataille. Selon Raynald Leblanc, deux employés ont remis leur démission au cours des deux dernières années et cinq ont pris leur retraite.
- La majorité des lock-outés qui ont été engagés par d’autres entreprises depuis le début du conflit ont gardé leur lien d’emploi avec le Journal de Montréal, comme la loi le leur permet. Lorsque le conflit sera terminé, ils pourront choisir entre leur emploi actuel et leur poste au Journal.
- Raynald Leblanc peine à évaluer le nombre de personnes qui voudront retourner au Journal de Montréal lorsque le conflit sera réglé. «Si on demande aux gens s’ils veulent y retourner, objectivement, plusieurs disent non, Mais ce sera une décision difficile à prendre», a-t-il estimé.