En cette période de chaleur accablante, la Direction de la santé publique (DSP) de Montréal est aux aguets. Elle surveille de près les conditions météorologiques et se prépare à aider les personnes dans le besoin si la vague de chaleur s’intensifie.
Pour le moment, l’équipe d’urgence de la DSP et ses partenaires ne sont pas mobilisés. La région de Montréal est la proie d’un épisode de chaleur accablante, selon la définition de la DSP, c’est-à-dire que le mercure dépasse les 30ºC et l’indice Humidex atteint 40°C. Cet épisode devrait prendre fin mercredi, jour à partir duquel Environnement Canada a prévu des risques importants d’averses.
Si la température dépasse 33ºC le jour et ne descend pas sous la barre des 20ºC la nuit et ce, pendant au moins trois jours consécutifs, ce sera un épisode de chaleur extrême. À ce moment-là, la DSP interviendra.
«Pendant les épisodes de chaleur extrême, on observe davantage de décès dus à la chaleur», a expliqué le médecin spécialiste en santé publique et en médecine préventive à la DSP de Montréal, le Dr Stéphane Perron.
En plus des conditions météorologiques, la DSP surveille le nombre de transports ambulanciers, le nombre de décès et le nombre d’appels logés à Info-Santé à cause de la chaleur. Tous ces indicateurs sont présentement stables. S’il l’un d’eux augmente, la DSP mobilisera son équipe d’urgence et ses partenaires. Le cas échéant, tous les établissements de santé – les CSLC, les CHSLD et les hôpitaux – seront avertis.
«Pour certains Centres de santé et des services sociaux (CSSS), il va y avoir des autobus pour emmener les personnes vulnérables dans des endroits climatisés. On va aussi appeler les personnes seules pour s’assurer qu’elles vont bien», a énoncé le Dr Perron.
Si un épisode de chaleur extrême est décrété, la Ville de Montréal, qui collabore avec la DSP, pourrait de son côté prolonger les heures d’ouverture de ses piscines ainsi que des bibliothèques et des édifices municipaux qui sont climatisés. Lundi, les arrondissements d’Anjou, du Plateau-Mont-Royal, de Rosemont–La Petite-Patrie, de Saint-Léonard et de Ville-Marie avaient entre autres pris l’initiative de retarder la fermeture de plusieurs de leurs piscines et pataugeoires. Ils décideront de jour en jour s’ils renouvellent l’expérience.
Pour le moment, la DSP recommande de boire beaucoup d’eau, de réduire ses efforts physiques et de passer quelques heures par jour dans un endroit climatisé. Elle a également indiqué que les personnes âgées, celles ayant des problèmes de santé mentale et les enfants de moins de quatre ans doivent faire l’objet d’une surveillance accrue pour éviter qu’ils se déshydratent. Une attention particulière doit également être accordée aux personnes atteintes de diabète et de maladies cardiovasculaires, respiratoires ou rénales.
Canicule antérieure
En 2011, la DSP de Montréal a évalué ses interventions entreprises lors d’un épisode caniculaire.
- L’étude avait établi que 106 des 346 décès déclarés pendant la canicule qui a frappé Montréal à l’été 2010 étaient «possiblement ou probablement» attribuables à la chaleur.
- «L’étude avait formulé une série de recommandations et la plupart ont été implantées. C’était surtout du peaufinage d’intervention. Quoiqu’il arrive, on est en constant mode évaluation», a rapporté le Dr Perron.
- L’étude avait également souligné que les personnes ayant des problèmes de santé mentale étaient particulièrement à risque. La DSP a indiqué qu’elle leur porte désormais une attention particulière lors des vagues de chaleur.