Montréal

Du polo sur deux roues

Rachel Hall - Metro World News

Les joueurs sont gonflés à bloc. Habilement, ils dirigent leur monture et leur maillet sur l’asphalte. La foule s’anime lorsqu’un but est compté. Ici, même si on joue au polo, les montures n’ont pas de sabots, mais des roues. Bienvenue dans le monde du polo-vélo urbain.

«Le sport que nous pratiquons s’inspire directement du polo-vélo sur gazon, qui existe depuis plus de 100 ans», explique le réalisateur Brendan McNamee, champion du polo-vélo urbain, une activité qui prend d’assaut les villes partout sur la planète.

Ce sport a pris son essor quand un groupe de messagers a été filmé en train de frapper une balle avec des maillets improvisés, dans un stationnement de Seattle, il y a environ 10 ans. Les choses n’ont pas vraiment changé depuis. Les maillets sont toujours «faits maison», avec des bâtons de ski pour le manche et des tuyaux de plomberie pour la tête. Et nul besoin de disposer d’un terrain spécifiquement conçu pour cette activité.

«L’idée derrière le polo-vélo urbain, c’est que les participants s’approprient un lieu en ville et en changent la vocation l’instant d’un match», indique M. McNamee. C’est justement parce qu’il est facile d’y jouer n’importe où que le sport gagne rapidement en popularité. Le polo-vélo urbain a voyagé des États-Unis jusqu’à Londres et gagne maintenant le reste de l’Europe.

«L’Amérique est cinq ans en avance par rapport à nous», avance Jon Marshall, responsable de l’Association de polo-vélo de Londres. Présentement, la capitale britannique compte 150 joueurs. La US League of Bike Polo a recensé quelque 5 000 joueurs dans le monde. Les règles peuvent varier d’un endroit à l’autre. «Les Américains jouent de façon beaucoup plus agressive, sans doute à cause du hockey, très présent dans leur culture», croit M. Marshall. Comme l’activité est plutôt jeune, les règlements ne sont pas en­core bien établis et ils sont révisés d’année en année.

Si le polo-vélo urbain demeure un sport encore marginal, il ne cesse de gagner des adeptes, même chez les commanditaires, qui sont de plus en plus nombreux à s’y associer. C’est le cas de plusieurs fabricants de vélos et de la compagnie Red Bull.

Du plaisir garanti

Une analyse d’Hugo Laquerbe,
membre de l’équipe de polo-vélo DTGP (Dans ta gueule puceau)

Notre équipe compte six joueurs : trois Parisiens, un Grenoblois, un
Canadien et un Américain. Nous avons terminé 9es sur 100 équipes aux
derniers Championnats mondiaux.

Le polo à vélo est apparu en France en 2008. Nous avons com­mencé à y
jouer et nous n’avons jamais arrêté! Nous nous rencontrons à vélo et
nous commençons à jouer. C’est simple.

Le sport est sans aucun doute en expansion. La majorité des gens ne
jouent que depuis deux ans, et déjà, le nombre de tournois a explosé.
Nous commen­çons d’ailleurs à avoir du finan­cement des gouvernements.
C’est signe qu’on commence à comprendre et à reconnaître notre sport.

Cinq étapes pour s’initier au polo-vélo urbain
1. Choisir sa monture. Optez pour un vélo au design minimaliste qui se manie aisément. Il est préférable de recouvrir ses rayons pour éviter que les maillets se prennent dans les roues.

2. Fabriquer son maillet. Utilisez un bâton de ski et un tuyau de plomberie.

3. Faire ses recherches. Cherchez sur l’internet des blogues qui indiquent s’il y a des matchs ou des équipes dans votre secteur.

4. S’impliquer. Inscrivez-vous pour participer aux matchs.

5. Jouer!

Articles récents du même sujet

Exit mobile version