Au cours des cinq dernières années, Saint-Henri a gagné quelque 2000 unités de condos, contre 150 unités de logement social. Estimant que son quartier se gentrifie à la vitesse grand V, le POPIR-Comité Logement a lancé un appel à la Ville de Montréal pour que des terrains soient réservés pour la construction de logements sociaux.
Samedi, 70 personnes ont marché dans Saint-Henri avant de se rassembler sur le site du projet de condos de luxe Le Quai des Éclusiers. Par cette action populaire, les participants souhaitaient se réapproprier leur quartier et sensibiliser les élus au manque de logements sociaux.
«Le quartier est en processus de gentrification, a expliqué la porte-parole du POPIR-Comité Logement, Valérie Simard. Il y a une forte spéculation. La valeur des terrains et des propriétés a beaucoup augmenté, ce qui met aussi de la pression sur le prix des loyers. Nous voulons que la Ville mette en place des réserves foncières sur des terrains municipaux afin de les retirer du marché spéculatif et d’y construire des logements sociaux.»
Le POPIR-Comité Logement a indiqué que la valeur des propriétés avait connu une hausse de 32,2% depuis la dernière évaluation municipale, la seconde plus forte derrière le Plateau-Mont-Royal. Les terrains ayant également gagné de la valeur, la construction de logements sociaux dans le secteur y est devenue d’autant plus coûteuse.
Le maire de l’arrondissement du Sud-Ouest, Benoit Dorais, a donné son appui au Comité Logement afin de faire pression sur la Ville pour obtenir des réserves foncières sur des terrains municipaux. Malgré tout, le POPIR n’entretient pas de grands espoirs.
«La Ville justifie son inaction par sa politique d’inclusion, qui prévoit pour chaque projet de 200 unités de condos ou plus, 15% de logements sociaux, a soutenu Mme Simard. Mais le piège, c’est que pour avoir des logements sociaux, il faut accepter de gros projets de condos. Et comme les promoteurs ne sont pas obligés de respecter la politique d’inclusion, elle ne garantit rien. En plus, comme dans Saint-Henri il ne reste que des petits terrains, sur lesquels il est possible de construire de 10 à 15 unités, la politique ne s’applique pas souvent.»
Le POPIR-Comité Logement a rappelé qu’il n’était pas contre le développement de Saint-Henri, mais que celui-ci ne devait pas se faire au détriment des gens du quartier.