Les infrastructures de l’eau sur l’île de Montréal sont dans un piètre état. Au cours des dix prochaines années, une enveloppe de 8,5 G$ sera requise pour maintenir les actifs de la Ville et pour construire de nouvelles installations.
Selon le plan proposé jeudi par le Comité de suivi du projet d’optimisation du réseau d’eau potable, les contribuables montréalais devront consentir à une hausse de 1,2 % de taxes, ce qui permettrait une augmentation annuelle de 9 % des revenus du Fonds de l’Eau.
Pour le propriétaire d’une maison de 400 000 $ sur l’île de Montréal, la hausse de taxes représenterait 48 $ par année, pendant dix ans.
«Le réseau d’eau potable n’est pas en bonne santé, a indiqué le directeur du Service de l’eau, Réjean Lévesque. Nous avons présentement un déficit d’entretien de quelque 1,9 G$. Il faut hausser maintenant les revenus de l’eau.»
Les industries, commerces et institutions (ICI) devront également mettre la main à la pâte. Un peu plus de 16 000 compteurs d’eau seront installés dans les usines, hôtels, manufactures et autres immeubles commerciaux au cours des six prochaines années.
Ces compteurs permettront de calculer la consommation réelle des ICI montréalaises et d’ajuster leur contribution au fonds de l’eau. Présentement, les ICI et les contribuables se partagent la facture également.
Le nombre de compteurs d’eau prévus par la Ville est 50 % moins important qu’il ne l’était en 2007, lorsque le contrat avait été octroyé au consortium GÉNIeau. La Ville assure que l’objectif recherché, soit de mieux gérer la consommation de l’eau sur son territoire, sera atteint avec le projet révisé.
«On a aujourd’hui une meilleure compréhension de notre réseau et des gestes à poser, a assuré le responsable des Infrastructures à la Ville de Montréal, Richard Deschamps. Nous avons complètement revu la façon de mener à bien ce projet [d’optimisation du réseau de l’eau]. Nous avons choisi une approche moins ambitieuse et plus réaliste.»
Le budget nécessaire à l’installation des compteurs d’eau et à la mise en œuvre des mesures d’optimisation du réseau, qui devront mesurer la distribution de l’eau et réguler la pression dans le réseau, passerait ainsi de 355 M$ à 155 M$, selon le plan préparé par le Comité de suivi.
Richard Deschamps a toutefois longuement insisté sur la réflexion qui suivra la présentation de ce plan.
«Il ne faut pas sauter aux conclusions. Ce n’est pas chose faite, a-t-il martelé. Il faut d’abord voir si le plan est recevable aux yeux des élus et de la population.»
La Commission permanente sur l’eau, l’environnement et le développement durable étudiera le Rapport du Comité de suivi au cours des prochaines semaines. Une consultation publique sera également organisée sous peu.
Richard Deschamps estime qu’une décision sur l’avenir du plan proposé pourrait être prise d’ici deux mois.