Il faut nommer un ministre dédié exclusivement à la métropole montréalaise. C’est ce qu’a déclaré jeudi le chef de l’Action démocratique du Québec (ADQ), Gérard Deltell, en marge du caucus de son parti qui se tenait à Montréal.
«Il y a une crise majeure de leadership à Montréal et on n’a pas vu le ministre Bachand depuis un mois», dénonce M. Deltell en faisant allusion au ministre des Finances et du Revenu, qui est aussi responsable de la région de Montréal. «Je ne vise pas M. Bachand, mais s’il n’a pas le temps, il doit tirer les conclusions qui s’imposent», a ajouté M. Deltell.
«Je ne pense pas que ce soit approprié», à répondu l’attachée de presse du ministre, Catherine Poulin. «Monsieur Bachand est très impliqué et a Montréal à cœur», a-t-elle ajouté en précisant que le ministre était intervenu dans le retour de la F1 à Montréal, dans le dossier du Nascar, ceux des transports, ou de la francisation des entreprises, pour n’en citer que quelques uns. Une position corroborée par le bureau du maire Gérald Tremblay, où l’on juge M. Bachand comme étant «très réceptif et présent».
Plusieurs analystes politiques soulignent toutefois qu’avoir un ministre exclusivement dédié à la métropole et disposant de sa propre enveloppe budgétaire, permettrait de régler certains dossiers plus rapidement. Les problèmes de circulation de cet été ont aussi mis en exergue les lacunes dans le dialogue et la coordination des projets entre la Ville et le Ministère des transports, selon eux.
Un ministre dédié à la métropole, n’est pas une idée nouvelle. De 1996 à 1997, le péquiste Serge Ménard avait géré ce portefeuille dans le gouvernement de Lucien Bouchard.
Fusion ADQ-CAQ ?
Alors que plusieurs voient déjà l’ADQ fusionner avec la Coalition pour l’avenir du Québec (CAQ) de François Legault, M. Deltell est resté vague. «La consultation enclenchée par M. Legault n’est pas terminée et le plan d’action qui en découlera n’a pas encore été déposé», a-t-il précisé pour justifier son attentisme. Sa collègue et leader parlementaire du parti Sylvie Roy est allé plus loin. Même si elle s’est déclarée «attachée» au parti, elle a déclaré que «les idées comptaient plus que le nom du parti sur un bulletin de vote». Dans le cas d’une fusion ADQ-CAQ, le nom de son parti pourrait en effet être appelé à disparaitre.