Le recours à l’aide alimentaire ne fait qu’augmenter à Montréal. Elle touche de plus en plus d’enfants.
Près de 42 000 enfants reçoivent une aide de la banque alimentaire Moisson Montréal chaque mois. C’est un tiers des 150 000 Montréalais qu’elle secourt. Depuis 2008, ces chiffres n’ont fait qu’augmenter.
«Les Montréalais font des dons à Noël, c’est bien, mais ce n’est pas suffisant, commente Dany Michaud, directeur général de Moisson Montréal. C’est toute l’année que ces enfants ont faim.»
Une famille aux revenus moyens consacre jusqu’à 48 % de son budget mensuel à son alimentation. Les familles les plus pauvres ne peuvent dépenser que 19 % de ce budget pour la nourriture. «Les frais de garderie, l’électricité, les loyers sont autant de postes de dépenses incompressibles, affirme Marie-Paule Duquette, directrice générale du Dispensaire diététique de Montréal. La nourriture est le seul item sur lequel les familles peuvent grignoter.»
Si chaque Québécois dépense en moyenne 7,50$ par jour pour se nourrir, les mères qui se tournent vers le dispensaire n’ont que 2 à 3$ chaque jour pour toute leur famille.
Par ailleurs, l’organisme communautaire soutient 1 600 femmes enceintes annuellement.
«Nous voulons combattre la mal nutrition chez les futures mères, insiste Mme Duquette. Notre principal objectif est de réduire le taux de bébés de faible poids à la naissance.»
Plus de 10 % des enfants nés dans des milieux vulnérables font moins de cinq livres et demi (2,5 kg) à la naissance. Le programme d’aide alimentaire et de suivi de grossesse permet de faire chuter ce taux à seulement 3%.
Le Dispensaire diététique de Montréal distribue quotidiennement un litre de lait, un œuf, une portion de jus d’orange, des graines de lin et des compléments vitaminiques pour diminuer les carences prénatales.