Lorsque Carl Tremblay s’est retrouvé à la rue à 16 ans, c’est auprès de Dans la rue et du père Emmett «Pops» Johns qu’il a trouvé refuge. Le jeune homme, aujourd’hui âgé de 22 ans, accompagnait mercredi Aki Tchitacov, directeur général de Dans la rue, pour le lancement de la campagne de financement de l’organisme qui vient en aide aux jeunes de la rue.
Comme l’a rappelé M. Tchitacov, l’appui des donateurs est essentiel pour aider les jeunes à se prendre en main. Plus de la moitié du financement de l’organisme provient de dons individuels et de succession, contre seulement 7 % du gouvernement. «Il faut descendre dans la rue pour rejoindre les jeunes», a expliqué M. Tchitacov, réitérant l’importance des services de première ligne.
Dans la rue intervient sur plusieurs fronts avec la Roulotte qui sillonne la ville la nuit et le centre de jour et le Bunker qui offrent le gîte et la nourriture aux jeunes. Carl Tremblay, lui, a atterri chez Pops après une enfance à la DPJ. Grâce aux intervenants de Dans la rue, il a pu fréquenter un centre d’hébergement et être accompagné dans ses démarches pour suivre une thérapie. Le jeune homme de 22 ans rêve aujourd’hui d’aider à son tour les jeunes en difficulté, notamment par l’intermédiaire du hip-hop.
Outre les services de première ligne, Dans la rue offre divers programmes de réinsertion. «On achemine les jeunes vers les ressources d’aide et on privilégie une approche individualisée», souligne M. Tchitacov, qui ajoute que cela n’est pas toujours possible à la DPJ.
L’expérience des indignés d’Occupons Montréal a d’ailleurs rappelé à la population qu’il n’est pas simple de trouver des solutions à l’itinérance. Les organisateurs du mouvement qui dénonçait les inégalités sociales ont fini par être débordés par les problèmes de santé mentale et de toxicomanie des itinérants qui avaient rejoint le campement du square Victoria.à
«C’est une réalité avec laquelle nous composons quotidiennement», a expliqué M. Tchitacov. Il ajoute que les problèmes psychologiques augmentent chez les jeunes de la rue et que les cas sont de plus en plus lourds.