La banque de cerveaux de l’Institut en santé mentale Douglas compte doubler sa taille d’ici 2016. La direction en a fait l’annonce mercredi alors qu’était officialisée une subvention de 2 M$ de la part de Bell Canada.
La banque, créée en 1980, compte actuellement 3000 cerveaux sains, mais surtout de personnes ayant souffert de maladies mentales (dépression, bipolarité…) ou dégénératives (alzheimer, parkinson…). Une moitié de chaque cerveau est conservée dans le formol, tandis que l’autre moitié est coupée en tranches pour avoir accès à différentes zones. L’analyse des tissus permet aux chercheurs en santé mentale de faire des découvertes étonnantes.
«On a notamment découvert que la maltraitance infantile peut occasionner des changements dans les gènes au niveau du cerveau. La capacité à gérer le stress est ainsi diminuée et peut prédisposer au suicide», explique Naguib Mechawar, chercheur et directeur de la banque de cerveaux Douglas.
C’est grâce à une entente avec le bureau du coroner que la banque contient autant de cerveaux issus de suicidés. L’institut prend soin de contacter les familles pour obtenir leur consentement et dresser le passé psychologique et médical du décédé. Suite au consentement de la famille et la collaboration du coroner, le Douglas dispose de ces tissus cérébraux qui peuvent être envoyés à des chercheurs aussi loin qu’au Japon.
Le plus gros défi de la banque, qui reçoit une centaine de cerveaux par année, est plutôt d’obtenir des cerveaux sains pour pouvoir comparer. «Signer l’endos de sa carte d’assurance maladie ne permet pas de donner son cerveau», explique Jane Lalonde, présidente de la fondation de l’Institut Douglas. L’institut propose donc son propre formulaire de consentement. Actuellement 700 personnes l’ont signé.
La subvention de 2 M$ offerte au Douglas par Bell Canada fait partie d’une enveloppe de 50 M$ sur cinq ans réservée par l’entreprise à des initiatives canadiennes en santé mentale. L’entreprise organisera le 8 février, la journée «Cause pour la cause» qui vise à démystifier la question des maladies mentales.