Montréal

Des étudiants bloquent l'accès au ministère de l'Éducation à Montréal

MONTRÉAL – Dans un nouveau coup de semonce avant la guerre qui risque de
les opposer au gouvernement Charest, des étudiants ont bloqué l’accès
aux bureaux montréalais du ministère de l’Éducation, vendredi matin.

Sous une pluie glaciale, environ une centaine de militants de
différentes associations étudiantes ont manifesté devant trois entrées
différentes de l’édifice afin de dénoncer la hausse des droits de
scolarité. Ils devaient être rejoint par des renforts plus tard en
avant-midi.

« On procède à un blocage extérieur de l’immeuble pour signifier au
gouvernement de Jean Charest que tant et aussi longtemps qu’il va
vouloir bloquer l’accès à l’éducation supérieur, nous on va bloquer le
Québec, ce qui inclut bloquer des bureaux », a expliqué Gabriel
Nadeau-Dubois, porte-parole de la CLASSE (Coalition large de
l’Association pour une solidarité syndicale étudiante), qui organisait
la manifestation.

« Nous on pense que c’est en démontrant qu’on est capable de se
mobiliser, qu’on est capable de déranger les choses, qu’on va montrer
notre détermination à garder l’éducation accessible », a-t-il ajouté.

Les policiers, plutôt nombreux, se contentaient d’observer sans
intervenir. Plusieurs autopatrouilles avaient été dépêchées sur place.
Des fonctionnaires ont passé sans problème les piquets de grève des
étudiants. Quelques-uns d’entre eux ont affirmé qu’ils appuyaient les
revendications étudiantes, alors que d’autres semblaient mécontents de
la situation.

« Il y a des gens qui nous ont dit qu’ils étaient solidaires avec notre
cause, d’autres moins. C’est ce qui arrive dans ce genre d’occasion-là »,
a expliqué le porte-parole.

Les différentes associations étudiantes de la province promettent un
durcissement de leurs moyens de pression dans les prochaines semaines.
Une grève générale serait même inévitable, selon l’Association pour une
solidarité syndicale étudiante, à moins que le gouvernement ne change
soudainement d’avis.

« C’est l’action de lancement de la campagne, on envoie un ultimatum au
gouvernement Charest », a affirmé M. Nadeau-Dubois. Si d’ici le prochain
mois il ne recule pas sur sa décision d’augmenter les frais de scolarité
universitaires, nous on va se diriger vers une campagne de grève. »

Si elle était déclenchée, une campagne de grève devrait débuter dans la
deuxième moitié du mois de février.
Au printemps dernier, le premier ministre Jean Charest a annoncé une
hausse des droits de scolarité universitaires de 325 $ par année pendant
cinq ans. La facture annuelle des étudiants bondirait ainsi de 1625 $,
soit 75 pour cent, mais demeurerait parmi les moins élevées en Amérique
du Nord.

Le gouvernement Charest plaide que les programmes de prêts et bourses
compenseront la hausse des droits de scolarité pour les étudiants les
plus démunis.
La cabinet de la ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, n’a pu être
immédiatement joint pour commenter la situation.

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