Montréal

Dans les entrailles de l'Hôtel de Ville: les Archives

En 2013, pour ses 100 ans, les bureaux des Archives de la Ville de Montréal, espère ouvrir ses portes aux visiteurs. En attendant, voici un aperçu de l’un des lieux les moins connus de l’Hôtel de Ville et pourtant l’un des plus passionnants. Suivez le guide.

Pour pénétrer dans les chambres fortes situées au sous-sol, il faut pousser une énorme porte digne d’une banque. Le premier geste du chef de la Section des archives, Mario Robert est ensuite de mettre à son cou, un bouton panique. «C’est tellement bien protégé que les ondes cellulaires ne passent pas, et s’il m’arrivait un pépin de santé quand je suis tout seul, personne n’entendrait mes appels», explique-t-il.

Pas étonnant alors d’apprendre que les archives et les murs de l’Hôtel de Ville sont les seuls à avoir résisté à l’incendie qui a détruit l’édifice, le 3 mars 1922.

Depuis l’endroit s’est considérablement agrandi et compte désormais 4 kilomètres d’étagères remplies de documents, dont l’un des plus vieux date de 1659.

«Il s’agit de l’acte notarié d’un don de 20 000 livres à Jeanne Mance (l’une des fondatrices de Montréal) pour entretenir l’Hôtel Dieu», lance M. Robert. Impossible de savoir à combien il est estimé, les archivistes québécois sont devenus méfiants depuis que des vols ont été rapportés dans les Archives nationales du Québec.

Voici nos documents préférés aux Archives

La tradition se poursuit. Quand on reçoit de la visite à l’Hôtel de Ville, les invités signent le livre d’or. Le premier date de 1917. Dans celui des années 40, entre la page de signatures des membres du Club optimiste de Montréal et celui de deux délégués de l’URSS, on retrouve la signature du capitaine Antoine de Saint-Exupéry, aviateur et écrivain, et celle du hockeyeur Maurice Richard. La valeur de ces livres est difficile à estimer, tant certaines signatures valent cher sur le marché des autographes. Ainsi, une lettre de Saint-Exupéry à Denis de Rougemont sur la fidélité a été récemment adjugée 24 703 euros (environ 32 000$). «On réfléchit à la possibilité de numériser certaines signatures pour les rendre accessible au public sur Internet», indique M. Robert.

Dans cet ouvrage sont notamment répertoriées les données de santé et de police de l’année. En 1902, les agents ont notamment dressé 10 constats d’infraction pour «avoir blasphémé». Un ticket a aussi été donné pour «avoir charroyé de la glace malsaine» et 241 l’ont été pour «avoir habité une maison de désordre», un mot poli pour parler de bordel. Au chapitre des plaintes, M. Loranger a demandé 148$  pour «avoir été frappé par une balle tirée par des gens chassant une baleine». Fascinant!

La photo du conseil municipal de 1885, dirigé par Honoré Beaugrand. Elle a été prise par le célèbre William Notman, qui fut un temps le photographe officiel de la reine Victoria. Ce type de photo étant impossible à prendre à l’époque, le décor a été peint à l’aquarelle et chaque personne a  été prise en photo dans un studio et ensuite incorporée à l’image. Et le procès verbal de la première séance du conseil municipal de la Ville de Montréal qui date du 5 juin 1833. Tout est écrit à la plume, une prouesse.

L’Association des archivistes du Québec se réunit régulièrement en congrès. Parmi les sujets de l’heure la numérisation, une arme à double tranchant. Si elle permet une plus grande diffusion des archives, la dématérialisation des documents en inquiète plusieurs. Pas facile aussi de déterminer ce qu’il faut garder ou pas. «On estime qu’à peine 4% du contenu généré par une municipalité a une valeur historique. Encore faut-il arriver déterminer quoi», affirme M. Robert.

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