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Montréal

Un «sit-in» sur Sainte-Catherine

Charles-Éric Blais-Poulin - Métro

Environ 200 étudiants du cégep du Vieux-Montréal et de l’Université du
Québec à Montréal (UQAM) ont bloqué la rue Sainte-Catherine, lundi
après-midi et en soirée.
 
Les manifestants se sont assis sur la chaussée, entre les rues Sanguinet
et Saint-Denis, pour exprimer leur mécontentement après la fermeture de
quatre pavillons de l’UQAM. L’activité de création artistique, qui
devait avoir lieu dans les locaux de l’université, la nuit dernière,
s’est plutôt déroulée à même le sol de la rue Sainte-Catherine. La
direction de l’établissement craignait des dérapages similaires à ceux
survenus le 17 février dernier au cégep du Vieux-Montréal, alors que des
étudiants s’étaient barricadés dans l’établissement.

Plus tôt en journée, près de 2 000 étudiants ont foulé la rue
Maisonneuve, en silence, pour tenter une énième fois d’attirer
l’attention du premier ministre Jean Charest. Le gouvernement libéral
refuse toujours d’entendre les quelque 140 000 étudiants en grève pour
protester contre la hausse des frais de scolarité.

Les marcheurs, réunis en début de journée au parc Émilie-Gamelin, se
sont dirigés sans bruit vers le bureau du premier ministre, sur l’avenue
McGill. «On avait préparé l’événement en fonction de 100 ou 200
personnes», explique l’une des organisatrices, Suzanne Vallières-Nollet,
visiblement incrédule devant les centaines de protestataires colorés en
rouge pour l’occasion.

Le cortège, escorté par des policiers à bicyclette, s’est déplacé sans
heurts. «C’est une belle réussite, explique Léo Bureau-Blouin, président
de la Fédération étudiante collégiale du Québec. Ça démontre la
capacité des étudiants à manifester pacifiquement.» Mercredi dernier,
des échauffourées entre la police et les manifestants s’étaient soldées
par la blessure à l’œil droit d’un cégépien, Francis Grenier, touché par
une grenade assourdissante.

Les étudiants et la police renoueront avec la rue dès aujourd’hui. Des
milliers de manifestants devraient répondre à l’appel de la Coalition
large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante et fouler
le pavé du quartier des affaires. Deux autres manifestations contre la
hausse des frais de scolarité sont prévues à Montréal les 14 mars et 22
mars.
 

Pour un dialogue

La commission de la sécurité publique doit jouer un plus grand rôle pour
favoriser le dialogue entre les étudiants et les policiers, a déclaré
lundi Réal Ménard, maire de l’arrondissement de
Mercier/Hochelaga-Maisonneuve et vice-président de la Commission de la
sécurité publique. «Les événements des derniers jours nous placent
devant une situation qui pourrait, s’il n’y a pas ouverture d’un
dialogue, entraîner des débordements», précise-t-il.

La chef de l’opposition officielle, Louise Harel, appuie une motion en
ce sens qui sera déposée devant la Commission de la sécurité publique le
14 mars. «Pour que revienne le sentiment de sécurité à Montréal, nous
avons tout à gagner en rassemblant autour d’une même table les parties
concernées», explique-t-elle.

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