L’administration Coderre, qui a décidé d’encadrer les salons de massage érotique plutôt que de les éradiquer, attend impatiemment qu’Ottawa réforme les lois sur la prostitution pour passer à l’action.
«On regarde attentivement ce qui se passe à Ottawa», déclare Anie Samson, élue responsable de la sécurité publique et des services aux citoyens à la Ville de Montréal. Le ministre fédéral de la Justice, Peter Mackay, a d’ailleurs indiqué lundi qu’il déposera «très prochainement» le nouveau projet de loi réformant les lois sur la prostitution. Mme Samson se dit optimiste d’avoir accès aux grandes lignes du projet de loi avant qu’il soit rendu public, afin de peaufiner son propre projet.
«En ayant une idée claire des intentions du gouvernement Harper, ça va nous permettre d’orienter nos actions pour encadrer rigoureusement les salons de massage», explique-t-elle. Selon ses sources, Ottawa serait tenté de criminaliser les clients des prostituées. Mme Samson ignore toutefois si les propriétaires de commerces à caractère sexuel seront aussi catégorisés de la sorte. «Une telle décision va avoir un grand impact sur notre capacité de retirer des permis», cite-elle en exemple.
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Au mois de novembre, le maire de Montréal, Denis Coderre, avait annoncé vouloir supprimer les salons de massage érotique se trouvant sur l’île. Mandatée pour mener une enquête, Mme Samson a vite constaté qu’une telle option n’est pas réaliste. «Si on ferme ces salons, ils vont continuer leurs activités ailleurs, dans des lieux obscurs où il sera encore plus difficile d’assurer la sécurité des travailleuses», souligne celle qui est aussi mairesse de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension.
Parmi les actions que l’élue souhaiterait privilégier, on note l’imposition d’un contrôle identitaire des travailleuses par la police, en plus de soumettre les propriétaires des établissements à des surveillances régulières d’agents.
Vidéosurveillance: veut-on devenir une société Big Brother?
Depuis que le maire Coderre a fait connaître son désir de voir plus de caméras de surveillance installées dans les rues de Montréal, Anie Samson a été mandatée pour piloter le dossier. «Nous sommes aux balbutiements, je collige les informations avant d’entamer une consultation. Je note toutefois que les caméras, qui ont été installées dans le Quartier latin, ont eu un impact très bénéfique sur la sécurité», dit Mme Samson. Si elle s’affiche très ouverte à l’idée de M. Coderre, Mme Samson estime toutefois qu’il faut réfléchir à savoir «si on veut devenir une société de Big Brother».
