La Ville vient de revoir les incitatifs qu’elle a mis en place pour encourager les développeurs immobiliers à inclure du logement social et abordable dans leurs projets.
Sa stratégie d’inclusion de logements abordables dans les nouveaux projets résidentiels verra passer de 200 unités à 100 unités le seuil après lequel un projet devra inclure 15% de logements abordables et 15% de logements sociaux.
La Ville estime que si ces dispositions avaient été appliquées dès 2005, de 500 à 600 logements abordables de plus auraient été créés au cours des 10 dernières années.
Par contre, cette politique municipale ne s’applique que quand un développeur demande une modification de zonage pour mener à bien son projet. De plus, l’inclusion des dispositions de cette stratégie dans son projet immobilier est volontaire.
«Nous avons des moyens réglementaires limités, a expliqué en point de presse le responsable de l’habitation au comité exécutif, Russell Copeman. [Si le développeur ne demande pas de changement de zonage], on négocie parfois une entente avec [lui] pour l’application de la stratégie, mais on n’a pas le pouvoir de l’imposer.»
«C’est 1300$ pour 3 chambres à coucher, 927$ pour 1 chambre à coucher… ce n’est pas abordable pour tout le monde.» – François Saillant, coordonnateur du FRAPRU
La Ville souhaite d’ailleurs obtenir plus de pouvoirs de la part de Québec pour étendre sa stratégie. «Ce sont des pouvoirs que nous avons demandés à l’intérieur de la loi sur le statut de métropole», a ajouté M. Copeman.
S’il salue l’initiative, le coordonnateur du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), François Saillant, croit que le pourcentage de logements sociaux inclus dans les projets immobiliers doit être modifié en fonction des besoins.
«Quand on parle de 15% de logements sociaux, surtout pour des projets qui se réalisent dans des quartiers anciens où le pourcentage de la population à faible revenu est très élevé, c’est très clair que ça ne suffit pas», lance-t-il. Il qualifie aussi «d’irritant» le fait que la participation à la stratégie soit volontaire, même s’il reconnaît que la Ville ne dispose pas encore des pouvoirs nécessaires pour l’imposer.
