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Montréal

Des cadres de Montréal en attente d’un poste

En juillet 2015, 76 cadres de la Ville de Montréal étaient payés leur plein salaire même s’ils étaient réaffectés à des tâches moins importantes, selon des documents obtenus par Projet Montréal grâce à la loi sur l’accès à l’information.

Il s’agit de cadres dont le poste a été coupé pour diverses raisons. La Ville ne peut pas mettre fin à son lien avec ces employés en raison de leur statut «permanent» tel que stipulé dans leur convention signée avant 2002. Tous attendent d’être réaffectés à un autre poste.

La Ville de Montréal nuance cette information en disant que le nombre de cadres dans cette situation a plutôt diminué à l’intérieur de 2015, passant de 100 cadres au début de l’année à 72 aujourd’hui. «Les chiffres de Projet Montréal ne tiennent pas en considération que certains de ces cadres étaient à la maison en «pré-retraite», en raison de banque de congés qu’ils ont accumulés», ajoute le président du comité exécutif Pierre Desrochers.

Projet Montréal déplore que plusieurs font une tâche de moindre importance tout en étant payés un salaire de cadre. M.Desrochers assure que tous ces cadres sont actifs au sein de l’organisation en attendant un nouveau poste et font une tâche «qui correspond à leurs compétences». À savoir s’ils font une tâche qui correspond à leur salaire, M.Desrochers a répondu qu’il «n’[a] pas cette information».

En mettant en commun le salaire annuel de ces cadres permanents, ceci représente 8,2M$ en salaire versé à ces employés, selon les documents de Projet Montréal de juillet 2015.

M.Desrocher assure que, contrairement aux administrations précédentes, ils ont une gestion «plus active» pour les réaffecter. Alors que 22 cadres se sont ajoutés à cette liste cette année, il assure que l’administration en a replacé 50 à des postes complets.

«On a demandé d’avoir une gestion plus active des cadres mis en disponibilité. Ce sont des gens qui ont des choses à offrir, on doit les utiliser», assure M.Desrochers, disant qu’«une ville étant dynamique» il est normal qu’il y ait de la réorganisation.

Laurence Lavigne Lalonde, de Projet Montréal, déplore que malgré cette liste de cadres en attente d’un nouveau poste la Ville continue d’embaucher à l’externe, donnant en exemple le consultant responsable de l’accueil des réfugiés syriens payé 1800$ par jour.

«On a certainement parmi les 76 cadres quelqu’un qui, avec une formation, pourrait accomplir cette tâche», assure Mme Lavigne Lalonde. Elle fait remarquer que 48 cadres sont présents sur cette liste en continu depuis 2013. Elle croit que la Ville devrait faire plus d’efforts pour replacer ces cadres.

M.Desrochers précise que ces cadres sont considérés lorsqu’un nouveau poste s’ouvre, mais dans des cas particuliers «on a besoin d’expertise très précise que la Ville n’a pas».

«Avec le programme de réduction de la main d’œuvre, on coupe des postes, mais on ne se rend pas compte qu’il y a des conventions qui ne nous permettent pas d’arrêter de payer la personne», déplore Mme Lavigne Lalonde.

M.Desrochers assure que Montréal a pour objectif de réduire de 25% cette liste en 2016, et comme elle contient des personnes ayant une convention signée avant 2002, elle réduira avec les années.

Regard externe
Jean-Yves Hinse, chargé de cours à HEC Montréal, qui a également été directeur des ressources humaines à la Ville de Montréal sous l’ex-maire Michael Applebaum, estime lui aussi que l’administration Coderre aurait pu trouver un candidat compétent parmi ces cadres en disponibilité pour combler le poste de coordonnateur à l’accueil des réfugiés.

«Je suis convaincu qu’il y a des gens à l’intérieur de cette liste de cadres en disponibilité qui auraient pu combler la tâche. Superviser, c’est l’essentiel de leur expertise», avance M.Hinse.

Il nuance toutefois cette liste en disant que «c’est la contrepartie de la sécurité d’emploi». Certains changements dans l’organisation étant «de nature politique», des clauses dans la convention des employés permet d’«éviter qu’[une nouvelle administration] arrive et tasse tout le monde».

Il reconnaît toutefois que «c’est déplorable pour les citoyens, c’est une mauvaise utilisation des fonds publics».

M.Hinse souligne également que, spécifiquement chez les cadres, ce sont «d’excellentes ressources, mais qui ont une expertise très pointue et ce n’est pas toujours évident de les relocaliser». Est-ce qu’ils sont utilisés à leur plein potentiel? «Je suis moins certain», ajoute le chargé de cours.

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