Ottawa, Québec et Montréal implanteront une nouvelle solution pour freiner le déversement de contaminants dans le fleuve Saint-Laurent, de part et autres de l’autoroute Bonaventure, où il y avait un site d’enfouissement avant 1966.
«On va stopper la pollution une fois pour toutes», a affirmé vendredi, le premier dirigeant de la société fédérale des Ponts Jacques-Cartier et Champlain (PJCC), Glen P. Carlin. Très confiant, ce dernier a même évoqué la possibilité de se baigner dans les eaux du fleuve Saint-Laurent.
Les abords du fleuve Saint-Laurent, entre le pont Victoria et les accès du Champlain, sont en fait un ancien dépotoir, ayant été en exploitation 1866 à 1966. Le site, qui contient de 4 à 8 millions de litres de diesel et deux tonnes de BCP d’après une étude de la Commission de la coopération environnementale réalisée en 2008, a depuis été remblayé et a notamment été utilisé comme stationnement pendant l’Expo 1967.
Aujourd’hui, des eaux souterraines, qui partent du mont Royal, s’écoulent jusqu’au fleuve, après avoir filtré dans les anciens déchets domestiques et industriels, a expliqué la société des PJCC, qui travaille sur le projet depuis une dizaine d’années. Ces déchets se dégradent avec les bactéries du sol, ce qui fait que des contaminants sont déversés dans le fleuve.
Pour remédier à la situation, des travaux, qui coûteront près de 30M$, seront lancés cet été. Ils consisteront à installer une trentaine de puits de pompage du côté ouest de l’autoroute Bonaventure, où la présence d’hydrocarbures, d’azote ammoniacal et de métaux dissous a été observée. Cela permettra d’acheminer les eaux contaminées à un système de traitement, avant qu’elles soient déversées dans le fleuve Saint-Laurent.
Du côté est de l’autoroute, où des hydrocarbures flottent au-dessus des eaux souterraines, un mur de confinement de 920 mètres de long sera construit, entre les ponts Clément et Victoria, et des puits y seront disposés pour capter les contaminants. Ceux-ci seront dirigés vers l’une des deux stations de récupération des hydrocarbures.
Québec contribuera à hauteur de 6,5M$ au projet, en plus d’émettre les autorisations environnementales nécessaires.
De son côté, la Ville de Montréal, qui est propriétaire depuis 1989 d’un terrain sur le site de l’ancien dépotoir se trouvant du côté est de l’autoroute Bonaventure, érigera un deuxième mur, en plus d’installer des stations de pompage, afin d’intercepter les hydrocarbures, mais aussi le lixiviat, ce liquide provenant de l’ancien dépotoir.
«Nous allons avoir une usine de traitement pour s’assurer de traiter tout cela», a dit l’élue responsable de l’environnement au comité exécutif de la Ville de Montréal, Réal Ménard. Ce dernier a indiqué que les travaux qu’effectuera la Ville à partir de 2018 et l’opération de ses nouvelles installations pendant 25 ans coûteront 76M$. Un soutien financier sera demandé à Québec.
Au fil des ans, diverses solutions ont été essayées par la Ville de Montréal pour stopper le déversement des contaminants dans le fleuve Saint-Laurent, telles que la construction d’un mur d’interception près du pont Victoria, le déploiement d’un système de flotteurs et la plantation de saules, sans endiguer le problème.
Glen P. Carlin croit que la solution préconisée cette fois-ci est la bonne puisqu’elle réunit tous les gouvernements et que les travaux seront effectués en profondeur, jusqu’à 15 mètres dans le sol.
