À table

Première ferme verticale à Montréal

Une ferme verticale éducative, installée dans deux conteneurs, passera tout l’été, sur la place Shamrock, à deux pas du marché Jean-Talon, dans Rosemont–La Petite-Patrie. L’eau des 540 poissons du rez-de-chaussée alimente et fertilise les fruits et légumes plantés à l’étage, avant d’être renvoyée, purifiée, dans les bassins. Visite.

Dans la ferme imaginée par Écosystèmes alimentaires urbains (ÉAU) on trouve 3 bassins contenant chacun 180 tilapias. Un courant artificiel incite les poissons à nager, car l’exercice pousse ces derniers à s’alimenter davantage et à produire plus de déchets, donc plus d’engrais pour les plantes.

À l’étage est disposé un réservoir important. C’est là que l’eau des bassins des poissons est «traitée» par de bonnes bactéries, qui changent l’ammoniaque des déjections des poissons en nitrites, puis en nitrates qui servent à fertiliser les plantes. Comme les racines de ces dernières baignent constamment dans l’eau, aucune terre n’est nécessaire.

«Un imprévu chez le producteur a sonné le glas de notre souhait d’avoir des perchaudes, une espèce indigène. Pour les remplacer, nous avons eu recours à des tilapias, qui résistent plus facilement à la contamination… ce qui peut être une bonne chose pour un système aquaponique éducatif», explique Émilie Nollet, cofondatrice d’ÉAU.

C’est tout le défi de l’aquaponie: maintenir un équilibre dans un écosystème susceptible être déstabilisé par des imprévus, comme des mains d’enfants trempées dans les bassins des poissons ou une potentielle panne de courant qui empêcherait la circulation de l’eau.

«Le poisson, c’est un peu l’abeille aquatique: il réagit facilement à son environnement. Il faut donc être vigilant et lui offrir les meilleures conditions possibles. En outre, il faut faire beaucoup de calculs pour sa croissance. Si, par exemple, les poissons ne mangent pas assez, non seulement ils grandiront moins, mais ils produiront moins de rejets, et les plantes recevront une eau moins riche», ajoute son comparse Olivier Demers-Dubé, en tuant de deux doigts agiles le puceron qui s’était posé sur le t-shirt du journaliste.

Mais le jeu en vaut la chandelle. La culture aquaponique permet d’utiliser 80% moins d’eau que la culture traditionnelle et ne nécessite pas de fertilisants nocifs puisque les poissons fournissent eux-mêmes l’engrais. De plus, la production pourrait être deux fois plus rapide, mais tous ces chiffres seront validés à la fin de l’été. «Ça nous permettra de confirmer nos hypothèses de production en vue de la construction d’installations commerciales qui desserviront des citoyens, des restaurants ou des organismes oeuvrant dans des déserts alimentaires», conclut Émilie.

Visites
Plusieurs ateliers d’éducation populaire seront organisés cet été en partenariat avec des organismes locaux. Selon la production, il sera alors possible de goûter du win win choy (une variété de bok choy), de la roquette sauvage, du basilic mauve ou des pensées sauvages. Le site web d’ÉAU héberge un calendrier complet. Avis aux organisations intéressées, il reste quelques places pour des personnes intéressées à organiser des activités sur le site. Et pour voir la carte de tous les projets d’agriculture urbaine à Montréal c’est par ici.

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