Le président du Conseil du Trésor, Pierre Arcand, a mandaté la vérificatrice générale d’étudier les allégations d’un système de collusion entre l’Autorité des marchés financiers (AMF), l’Unité permanente anticorruption (UPAC) et une firme privée en ce qui a trait à l’obtention de permis de contracter avec le gouvernement.
«Nous avons demandé une vérification approfondie du processus d’obtention d’un permis de contracter», a indiqué M. Arcand. Lundi, le Journal de Montréal a publié le témoignage d’Annie Trudel, ex-analyste du gouvernement, qui disait savoir pourquoi le député Guy Ouellette a été arrêté par l’UPAC la semaine dernière.
Celle-ci a allégué que M. Ouellette allait faire des révélations sur un système qui forçait les entreprises à recourir aux services d’un consultant afin d’obtenir le permis qui les autorise à faire affaire avec le gouvernement. Ces services coûteraient des dizaines de milliers de dollars, mais assurerait qu’une entreprise puisse obtenir des contrats du gouvernement. L’AMF a vertement nié l’existence d’une telle pratique, mais a dit accueillir «favorablement» le mandat donné à la VG et a garantit une pleine collaboration.
Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a parlé «d’allégations très sérieuses», mais a réitéré sa confiance envers l’UPAC. «Ça ne remet pas en cause le travail mené par l’UPAC et les enquêtes en cours», a-t-il dit, écartant du revers de la main une suspension du commissaire Robert Lafrenière.
La vérificatrice générale ne se penchera d’ailleurs pas sur les allégations faites par le député Guy Ouellette. Sur les ondes du 98,5 FM, lundi, celui-ci a accusé l’UPAC d’intimidation au moment du renouvèlement du mandat de M. Lafrenière. «Le gouvernement s’est basé sur le travail rigoureux d’un comité de sélection et a décidé d’y aller avec la continuité. Le gouvernement n’a pas été intimidé. Je n’ai pas eu connaissance d’intimidation», a martelé à plusieurs le ministre de la Sécurité publique. Il a ajouté ne pas «être au fait des enquêtes» de l’UPAC sur Guy Ouellette et ne pas vouloir s’en mêler par respect pour la séparation entre la police et le gouvernement.
M. Coiteux a toutefois annoncé qu’un processus de reddition de comptes de l’UPAC serait inclus dans le cadre du projet de loi 107, qui vise à accroitre la compétence et l’indépendance de l’UPAC. «Indépendance ne veut pas dire absence de reddition de comptes», a soutenu le ministre. Ainsi, l’étude du projet de loi est suspendue pour permettre d’y inclure de nouveaux amendements.
Plus tôt en journée, des élus de tous les partis ont réclamé que Guy Ouellette, qui siège désormais comme indépendant, puisse donner sa version des faits à l’Assemblée nationale. Questionné à savoir si le gouvernement le laisserait s’expliquer en chambre, le ministre Coiteux a dit que «les députés vont discuter cette semaine de la meilleure manière dont Guy Ouellette pourra s’exprimer à l’Assemblée nationale».