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Plaidoyer pour une électrification des transports

En matière d’électrification des transports, le Québec a les moyens de ses ambitions, selon ce que conclut une étude de l’Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC). Il ne lui manquerait plus qu’une certaine volonté politique pour aller de l’avant.

L’étude intitulée L’électrification du transport collectif : un pas vers l’indépendance énergétique du Québec, publiée vendredi, est sans équivoque. Le Québec doit accélérer la réalisation des projets de transport collectif existants et devancer la réalisation de projets prévus.

«L’électrification des transport est un choix auquel le Québec sera contraint de toute façon, a expliqué le directeur général de l’IRÉC, Robert Laplante. Le prix du pétrole est voué à augmenter de façon radicale au cours des 25 prochaines années. Plutôt que d’attendre d’être coincés dans un crise énergétique, pourquoi n’irions-nous pas de l’avant?»

Selon les estimations des chercheurs de l’IRÉC, il faudrait 10 ans et 20 G$ pour mettre en service tous les projets de transport collectif déjà sur la table à dessin des diverses sociétés de transports de la province et mettre en place un service de monorail rapide qui permettrait de relier les six principales villes du Québec.

«Ce n’est pas irréaliste, a affirmé M. Laplante. Le gouvernement du Québec a déjà prévu 40 G$ en immobilisations pour la réfection des routes. 20 G$, ce n’est pas un montant si déraisonnable. D’autant plus que la durée de vie des équipements qui seraient financés est très longue. Par exemple, le plus vieux monorail encore en service a été construit en Allemagne en 1901.»

Les chercheurs rappellent également que des investissements dans le transport en commun entraînent d’importantes retombées économiques pour le Québec. Le plan de 20 G$ permettrait, à lui seul, de créer 140 000 emplois en plus d’entraîner des retombées fiscales de 2,3 G$ pour les gouvernements provincial et fédéral.

«Il ne faut pas considérer ces projets comme des dépenses, mais comme des investissements, a rappelé Robert Laplante. Si nous voulons profiter au maximum des retombées économiques, de la création d’emploi tout en diminuant notre empreinte écologique, il faut électrifier notre transport collectif.»

L’IRÉC organisera, le 20 janvier, un colloque sur le thème L’indépendance énergétique et la mobilité durable : l’enjeu de l’électrification du transport collectif. D’autres recherches seront par la suite lancées en fonction des sujets qui auront suscité le plus d’intérêt.

Un monorail plutôt qu’un TGV
L’IRÉC a proposé la mise en Å“uvre d’un monorail pour relier Montréal et Québec plutôt qu’un train à grande vitesse (TGV).

Selon les calculs des chercheurs, un tel système serait trois fois moins coûteux qu’un TGV. Ainsi, le projet de monorail entre Montréal et Québec coûterait 3G$, plutôt que les 8,75 G$ nécessaires au TGV.

Un petit peu moins rapide que le TGV, qui peut atteindre 350 km/h, le monorail relierait Montréal à Québec en 1 h 15, à raison de 250 km/h.

L’IRÉC a également proposé d’étendre cet éventuel service de monorail à l’ensemble de la province, ce qui permettrait de relier les six principales villes du Québec.

«Sam Hamad [le ministre des Transports] a dit qu’il était intéresser à en savoir davantage», a indiqué Robert Laplante.

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