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Le stand up paddle séduit les Québécois

Geneviève Vézina-Montplaisir - Métro

Les Hawaïens le pratiquent depuis des siècles, les Européens en sont fous, les Américains de la côte ouest en raffolent, et de plus en plus de Québécois en sont des adeptes. Le stand up paddle (SUP), qu’on traduit par «surf à la pagaie», ou encore «surf debout à la rame», connaît une ascension importante un peu partout sur la planète depuis quelques années, et la Belle Province n’a pas échappé à la vague.

On ne connaît pas les origines exactes du SUP. Les peuples indigènes de Polynésie, de Tahiti, des Antilles, et d’Hawaï auraient été les premiers à utiliser des embarcations s’apparentant aux planches de SUP pour se déplacer. Le SUP tel qu’on le connaît aujourd’hui serait quant à lui né dans les années 1960, époque où les beach bums des îles d’Hawaï uti-lisaient des long boards et des pagaies afin de photographier les touristes qui apprenaient à surfer.

Avec les années, le sport et l’équipement se sont raffinés, et aujourd’hui, on pratique le SUP sur une longue et large planche de surf d’environ 11 pieds, avec une pagaie qu’on ajuste selon notre grandeur. Mais qu’est-ce qui fait que de plus en en plus de Québécois craquent pour ce sport?

«Contrairement au kayak, le SUP fait travailler tout le corps, tous les muscles stabilisateurs. Et si tu chavires, tu n’es pas pris dans ton embarcation, explique Hugo Lavictoire, adepte et moniteur de SUP, et directeur du centre d’activités nautiques KSF, situé au parc des Rapides Lachine. Le SUP est très sécuritaire, et on peut le pratiquer autant en eau calme qu’en eau vive. Partout où il y a de l’eau, en fait! Après quelques minutes sur la planche, on se tient debout facilement et on maîtrise les coups de pagaie de base.»

«Surfer sur des vagues est beaucoup plus facile avec une planche de SUP qu’avec une planche de surf traditionnelle, car tu es déjà en position debout», ajoute Norman Bellerose, représentant des produits Naish SUP.

M. Bellerose est églement derrière le site SUP Québec, qui organise des événements afin de faire connaître le sport un peu partout dans la province. «La visibilité qu’on a sur une planche de SUP est beaucoup plus grande qu’en kayak ou en canot. Quand tu fais du SUP, tu as vraiment le feeling de glisser sur l’eau!» M. Bellerose prédit d’ailleurs au SUP une progression semblable à celle qu’a con­nue la planche à voile dans les années 1980 au Québec.  

Hugo Lavictoire, qui loue de l’équipement de SUP de­puis 2008 et qui offre des cours depuis 2009, croit lui aussi que la popularité du SUP va augmenter. «Cette année, j’ai autant d’inscriptions dans mes cours de SUP que dans mes cours de surf», souligne-t-il.

Les boutiques de plein air remarquent elles aussi un engouement. À La Cordée, on vend des planches de SUP depuis trois ans, et bien que les chiffres de vente ne soient pas mirobolants, on perçoit une légère croissance chaque année.

«Les prix vont devenir de plus en plus compétitifs», assure Alain Garceau, directeur de catégorie pour les sports nautiques à La Cordée. Présentement, il faut débourser entre 800 $ et 1 200 $ pour une planche de SUP de base, et environ 130 $ pour une pagaie.

À ce jour, il n’existe pas d’organisation québécoise qui regroupe tous les acteurs de ce sport émergent, mais afin de les rassembler, Hugo Lavictoire projette organiser l’an prochain un symposium québécois sur le SUP.

«J’aimerais rassembler tous les gens de l’industrie québécoise du SUP et organiser des conférences avec des paddlers de renommée internationale», explique-t-il.

Pratiquer le SUP à Montréal

Seule école accréditée par Paddle Canada à Montréal, le centre d’activités nautiques KSF, à LaSalle, offre des cours d’initiation au SUP en eau calme et en eau vive, et de «surf paddle sur la vague à Guy», une vague statique située dans le parc des Rapides Lachine. KSF offre aussi des cours de SUP yoga et de SUP fitness, pendant lesquels les participants adoptent différentes positions sur leur planche attachée à une bouée. On peut aussi y louer une planche et une pagaie pour quelques heures ou pour la journée.

SUP Québec organisera plusieurs démonstrations gratuites de stand up paddle pendant l’été dans la région de Montréal, ainsi que des compétitions. «Pour le moment, les rencontres sont assez relaxes, mais si la tendance se maintient, elles pourraient prendre de l’ampleur, comme c’est le cas de certaines compétitions de haut calibre aux États-Unis et à Hawaï», dit Norman Bellerose, de SUP Québec.

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