Selon les résultats de six études universitaires rendus publics par La Presse le samedi 17 septembre, le travail des parents aurait une influence sur les enfants. Le fait que les parents travaillent, même de longues heures, «peut favoriser le bien-être et la réussite scolaire des enfants».
Mieux encore, «les écoliers canadiens qui réussissent mieux que la moyenne à l’école sont plus susceptibles d’avoir une mère qui travaille». L’organisation du temps des parents et la stabilité y sont pour quelque chose. Avoir un emploi stable, tant pour la mère que pour le père, représenterait un facteur de protection contre les difficultés scolaires et les inadaptations comportementales.
Toutefois, l’imprévisibilité affecterait le bien-être psychologique des enfants. Les écoliers souffriraient des mauvaises conditions de travail de leurs parents et ceux «qui ont des difficultés scolaires sont deux fois plus susceptibles d’avoir un parent qui ressent souvent de la fatigue physique au travail». C’est une donnée inquiétante concernant tant le parcours scolaire que le développement des enfants, d’autant plus qu’un travailleur sur cinq serait en détresse psychologique au Québec et 36 % (1,3 million d’individus) «disent vivre un taux élevé d’insécurité d’emploi», selon une autre étude révélée par La Presse jeudi dernier.
Plusieurs organismes patronaux ont rejeté ces dernières conclusions (sans remettre en question la méthodologie de l’étude), estimant que les conditions de travail des Québécois sont parmi les plus généreuses de l’Amérique du Nord. Soit, mais il faudrait ajouter que ces «généreuses» conditions de travail s’effritent, année après année, au profit de l’atypie (contraire de l’emploi stable et permanent), qui n’offre pas les mêmes conditions d’emplois que le travail régulier.
Le travail atypique concernait près de 1,5 million d’emplois en 2010, une hausse de 20 % (soit 248 000 de plus) comparativement à l’année 2000. Le cumul d’emplois a gagné en importance au fil des ans, selon l’Institut de la statistique du Québec. La rémunération hebdomadaire moyenne des employés à statut permanent était, en 2010, de 778,38 $ contre 547,10 $ pour ceux dont le statut d’emploi était temporaire. Le taux horaire moyen des temps partiels est moindre que les temps pleins : 15,60 $ contre 22,44 $. Quant au travail autonome, le Conseil permanent de la jeunesse soutient qu’il «apporte des avantages quant à la souplesse de l’horaire et la variété du travail, mais les travailleurs effectuent plus d’heures que les salariés et gagnent moins. De surcroît, ces travailleurs croient généralement qu’ils obtiendront davantage que les salariés avec l’expérience, mais les données montrent plutôt que l’écart s’élargit avec l’âge.» La question se pose : quel présent et quel l’avenir voulons-nous réserver à nos enfants…
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.