Victor-Lévy Beaulieu n’est pas qu’un homme de lettres. C’est aussi un homme de mots. Il en connaît tout plein. Possiblement plus que vous et, je l’avoue avec envie, bien plus que moi. Lisez n’importe lequel de ses textes et vous verrez à quel point cet auteur possède une maîtrise admirable de sa langue. Quand Beaulieu choisit un mot, il en connaît le sens, le sous-sens et tous les sous-entendus qui pourraient en découler.
Cela étant dit, VLB n’aurait-il pas pu utiliser une autre expression que «Reine-Nègre» pour planter Michaëlle Jean? Vu les inclinaisons politiques du pamphlétaire, nous ne serons pas renversés d’apprendre qu’il ne tient pas «Son Excellence» en très haute estime et qu’il méprise avec une ferveur tout à fait légitime ses fonctions de gouverneure générale. Ceci ne devrait cependant pas l’empêcher de faire montre d’un minimum de réserve, pour ne pas dire d’humanité. Quand on affuble une femme de race noire de cette épithète, on est grossier. Et un peu nono aussi.
Ça fait longtemps que VLB crie haut et fort son désir de voir le Québec devenir un pays. Mais quand il croit que tout le monde, ceux-là même qu’il juge assez brillants pour se gouverner tout seuls, va embarquer dans sa définition littéraire de roi-nègre pour justifier son choix d’expression, c’est qu’il les prend néanmoins pour des caves….
Ce n’est pas plus tolérable de qualifier Michaëlle Jean de Reine-Nègre que Lucien Bouchard de Roi Boiteux. Et ça, Victor-Lévy Beaulieu le sait très bien. Quand il joue à l’innocent avec cette pâlotte explication de figure de style qu’il nous sifflote avec les deux mains dans le dos, il nous présente une facette qu’on ne lui connaissait pas : il peut être malhonnête. Et décevant.
???
Bon, maintenant qu’il a démissionné de son poste de ministre, une question s’impose : C’est qui le «zouf» qui avait laissé des documents importants entre les mains de Maxime Bernier???
???
«Cent fois sur le métier, remettez votre ouvrage» qu’ils disent. Bien, voilà, le compte est bon : c’est ma centième chronique dans Métro! Cent chroniques, cent privilèges. Et surtout, cent fois merci d’être là!