Malheureusement, il existe encore dans le monde des régions où la démocratie n’existe pas et où des êtres humains doivent se battre sans relâche pour avoir un mot à dire sur leur destinée. Étrangement, et ça, c’est probablement un fait sans précédent dans l’histoire, il y a d’autres endroits sur la même planète où l’on vote pas mal trop souvent. Prenez ici, par exemple.
Avec l’annulation de son voyage en Chine, Jean Charest laisse entendre que l’on ressortira les urnes québécoises le 8 décembre prochain pour une deuxième fois en moins de 20 mois. Tout ça parce que Monsieur souhaiterait avoir un mandat clair. C’est fou, mais lors des dernières élections, il me semble que le message de la population ne pouvait pas être plus limpide et sans aucune équivoque : «Votre équipe ne mérite pas de former un gouvernement majoritaire, un point c’est tout!!!» Ou, si vous préférez, «Votre gouvernement de 2003 était tellement pourri qu’on a même fait rentrer une quarantaine de nobodys de l’ADQ pour vous le faire comprendre…»
C’est à pleurer. On sort à peine d’une élection fédérale qui n’a absolument r-i-e-n changé sur le grand échiquier fédéral, et là, on s’apprête à nous refaire le coup une autre fois. Jusqu’où faudra-t-il pousser la bouffonnerie?
Après ça, on s’étonnera de voir les taux de participation aux élections qui sont en chute libre. Et une fois de plus, on va essayer de comprendre le pourquoi du comment de ce désintérêt généralisé pour la chose politique. C’est pourtant simple en joual vert : on en a assez de se faire achaler avec des rendez-vous stériles. Avec des simulacres d’exercices démocratiques dont les gouvernements font fi des résultats en nous ballottant d’un scrutin à l’autre comme si c’était nous qui étions incapables de nous brancher. On en a assez de se sentir comme des souris de laboratoire qui cherchent désespérément l’issue de ces stupides labyrinthes électoraux.
Si l’élection du 8 décembre prochain n’est pas qu’une menace, mais bien une promesse, je crois bien que je vais passer mon tour. Moi aussi, j’irai m’asseoir avec ceux qui auront choisi le retrait. Y a toujours bien des limites à se faire niaiser.