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Assurance-emploi: des «avancées» saluées, malgré un «trou noir» pour les travailleurs saisonniers

Des groupes syndicaux appellent le gouvernement fédéral à corriger certaines dispositions de l’assurance-emploi qui, selon eux, pénalisent entre autres les travailleurs saisonniers, qui peuvent se retrouver dans un «trou noir» en attendant que leur saison de travail débute.

Dans plusieurs cas, les prestations d’assurance-emploi se terminent avant que le travailleur ne soit réembauché pour la période estivale. Celui-ci se retrouve alors sans revenu.

«Avant qu’ils soient rappelés au travail, parfois il y a trois, quatre, cinq ou six semaines où les gens n’ont pas de revenu. Ça n’a pas de sens», a déclaré Jean Lacharité, vice-président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), en ajoutant que 40% de ceux qui vivent ce genre de situation travaillent au Québec.

«Ce n’est pas de leur faute si les tomates poussent juste l’été et si les terrains de golf ne sont pas ouverts 12 mois par année», a ajouté le secrétaire général de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), Serge Cadieux.

Les syndicats, membres de la Coalition des sans-chemise, ont demandé à Ottawa de faire preuve «d’équité», en accordant aux travailleurs Québécois les extensions de la période d’admissibilité à l’assurance emploi accordée aux travailleurs de l’Ouest.

Même s’ils saluent les avancées apportées par l’arrivée des libéraux au pouvoir à Ottawa après «10 ans de saccage» du gouvernement conservateur précédent, les syndicats avouent qu’il reste «beaucoup de travail» à faire.

«Au lendemain des élections fédérales, [le nouveau premier ministre du Canada] Justin Trudeau a dit “le Canada est de retour”. En matière d’assurance emploi, le Canada est de retour, mais juste à moitié.» –Jean Lacharité, vice président de la CSN

«On est loin de ce qu’on avait il y a 20 ou 25 ans, a affirmé M. Cadieux. On n’a même pas encore rattrapé le jour 1 de l’administration Harper.»

Les syndicats dénoncent aussi l’accès difficile à l’assurance emploi, alors que seulement 40% des personnes sans emploi y ont accès, selon eux. «On peut changer plein de choses dans le régime, s’il n’y a pas plus de gens qui y ont accès, on n’a pas changé grand chose», a lancé M. Cadieux.

Pour améliorer l’accès, le collectif croit que les travailleurs devraient être éligibles à l’assurance emploi après 360 heures ou 13 semaines de travail. Cela permettrait aux travailleurs à temps partiel d’en bénéficier, alors qu’ils sont «pénalisés» à l’heure actuelle.

Le collectif croit aussi que le gouvernement devrait mettre sur pied une caisse autonome de l’assurance emploi. «On s’est fait volé, au fil des ans, 58 G$ que les différents gouvernements ont utilisé à toutes sortes de fins», s’est désolé M. Lacharité, en rappelant que l’assurance emploi n’est pas financé par les impôts mais par les cotisations des travailleurs et des employeurs.

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