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Culture

Vive le Julien Clerc libre!

Secondé par des musiciens de l’Orchestre symphonique de Montréal et son chef, son batteur et son pianiste, Julien Clerc viendra nous rappeler à quel point il dessine la trame sonore de nos existences depuis plus de 40 ans.

«J’espère que les musiciens de l’orchestre accepteront de faire ce que je demande à ceux de Paris, comme chanter, se lever et taper des mains», s’inquiète d’une voix souriante le célèbre chanteur, qui a eu l’idée de ce spectacle alors qu’il assistait à une série de concerts classiques à la salle Pleyel, à Paris. «Ça me semblait cohérent avec la musique que je compose. À force d’en voir, je me suis dit qu’on pourrait très bien faire un spectacle qu’on adapterait à la sonorisation, chose qui n’existe pas dans les concerts classiques», lance l’artiste qui, tenant à respecter la règle du jeu symphonique, a refusé d’intégrer le moindre instrument électrique.

«Comme on passe une seconde fois à Paris, je ne voulais pas que les gens voient le même spectacle. J’ai été chercher deux chansons que nous avons écrites avec Plamondon : Quand je joue et La fille aux bas nylon, et le résultat des orchestrations signées Philippe Uminski est vraiment probant», s’enthousiasme Julien Clerc, qui est un habitué du Québec et de ses artistes.

D’ailleurs, une des choses qu’il ne manque jamais de faire quand il se produit dans la métropole, c’est d’aller savourer un smoked meat chez Schwartz’s. Peut-être s’y rendra-t-il encore cette fois, en compagnie de son pote Charlebois, à qui il rend visite dès qu’il le peut, histoire de causer notamment de politique.

«Comme mes parents étaient séparés et que le juge avait confié ma garde à mon père, chose rarissime à l’époque, je vivais la semaine chez lui et les week-ends avec ma mère, où il y avait mon grand-père, qui était antillais et communiste. Il était très intéressant pour un jeune garçon de voyager entre deux foyers diamétralement opposés politiquement. J’ai compris très jeune qu’il y a des gens bien partout, enfin presque partout, et en même temps ça m’a donné une distance par rapport à la politique du point de vue de l’engagement personnel. Très tôt, les réactions de mon père et de mon grand-père m’ont donné une forte envie d’individualisme», rigole celui qui a chanté et chante toujours de merveilleux textes, comme Utile ou Ce n’est rien, signés Étienne Roda-Gil, un parolier ouvertement anar.

Cette double enfance de Julien Clerc lui a permis d’entendre la conférence de presse qu’avait donnée de Gaulle à son retour du Québec. «Ce discours est absolument génial et marrant, avec ses envolées sur l’avenir et le passage du général de Gaulle sur le Chemin du Roy. Moi, j’ai été bercé par cet univers-là. Lorsque je suis venu au Québec la première fois, vers 1970, en compagnie de l’artiste Marie-France Brière, qui connaissait bien Charlebois et compagnie, j’étais déjà très sensibilisé», se souvient celui qui est allé voir deux fois plutôt qu’une le cultissime spectacle d’Yvon Deschamps, Les unions qu’ossa donne?, et qui s’est régalé des derniers concerts parisiens de Gilles Vigneault.

Puis, il lance cette réflexion : «Au fait, ce qui se passe chez vous en ce moment avec les étudiants, ça réveille certaines thèses du Québec libre, non?» Seul l’avenir nous le dira, Julien.

Et maintenant, Si on chantait?

Julien Clerc symphonique
À la salle Wilfrid-Pelletier
Samedi à 20 h

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