lang="fr-FR" > Big Boi: franc-parler du sud
Culture

Big Boi: franc-parler du sud

Michael-Oliver Harding - Métro

Le rappeur Big Boi, qui se produira à Laval lundi, jase en toute candeur de la radio commerciale, de son comparse d’Outkast et de sa patrie.

Antwan André Patton, mieux connu sous son nom d’artiste Big Boi, n’a jamais eu la langue dans sa poche. Le comparse de longue date d’André 3000, avec qui il forme le célèbre duo de hip-hop flamboyant Outkast, a depuis ses tout débuts signé des textes incisifs qui dénoncent les injustices et les graves problèmes auxquels font face la communauté afro-américaine et les États-Unis. On n’a qu’à se rappeler la pièce War, en 2003, qui s’élevait contre l’administration Bush et sa lutte frénétique contre le terrorisme.

Lorsque nous le joignons à Atlanta, quelques jours avant son concert à la salle André-Mathieu, à Laval, nous voulons en savoir plus sur le titre très évocateur de son deuxième album solo, Vicious Lies and Dangerous Rumours, qui sera dans les bacs en novembre. «Le titre fait référence au fait que nous cherchons tous la vérité, confie-t-il sans pour autant poser au philosophe. «Nous vivons à une époque où la quantité d’information qui circule est étourdissante. C’est parfois vrai, parfois faux, mais il incombe à chaque individu de faire plus de recherches pour comprendre ce qui se trame dans le monde.»

Patton affirme que son nouvel album mettra à l’avant-plan des collaborations avec Kid Cudi, Little Dragon et A$AP Rocky, entre autres. Mais lorsqu’on lui demande si les fans d’Outkast peuvent espérer au moins un titre avec son pote André 3000, Patton laisse planer un doute, sous-entendant que la balle est dans le camp d’André. «C’est possible. Pour l’instant, il tourne une biopic sur Jimi Hendrix à Dublin. Alors, s’il revient avant que l’album soit complété, peut-être. Dré se concentre sur sa carrière solo en ce moment, alors c’est à lui que vous devriez poser la question.»

Une chose est cependant certaine : Patton ne compte pas sur les radios commerciales pour faire la promotion de son nouveau disque. Le producteur est bien d’accord avec ses collègues Erykah Badu et Trey Songz, qui reprochaient récemment aux radios commerciales de ne jouer que des tubes club-pop et électro-rap insipides n’ayant rien à voir avec les classiques d’antan. «Ce ne sont pas les gens qui programment la radio, c’est la radio qui programme les gens, raisonne Patton. Alors, vous vous devez d’éteindre la putain de radio et de trouver d’autres moyens d’écouter de la musique. Vous n’êtes pas obligés de subir les mêmes cinq chansons en boucle. Parce qu’après deux semaines, vous finirez par chanter cette merde par cœur.»

Fidèle à sa patrie
En compagnie de Cee-Lo, de Ludacris, de Young Jeezy, de Gucci Mane et de plusieurs autres, Big Boi se dit le fier représentant de la scène musicale d’Atlanta, plaque tournante du hip-hop. «Atlanta, c’est comme une fraternité. Nous avons tous grandi en Géorgie et sommes si proches que nous nous plaisons à travailler ensemble. J’adore Atlanta! Nous avons les plus belles femmes, et un grand esprit de camaraderie règne ici.»

Big Boi
À la Salle André-Mathieu (Laval)
Lundi à 20 h

Articles récents du même sujet

Exit mobile version