Depuis vendredi, le service de webdiffusion Netflix offre à ses usagers sa toute première production originale, House of Cards. Rendue accessible d’un coup. Bang. Une saison entière. 13 épisodes. Au menu : sexe, pouvoir, politique et Kevin Spacey. À consommer avec ou sans modération.
Si vous êtes abonné à Netflix, peut-être avez-vous l’impression d’être entré dans une ère nouvelle depuis quelques jours. Désormais, lorsque vous vous connectez à la plateforme internet, parmi les vieux classiques, les matchs de UFC et les épisodes de Dora, on vous propose aussi de visionner House of Cards. A Netflix production, une production de Netflix. En version originale anglaise, avec des sous-titres anglais ou français.
L’événement est majeur, car l’émission n’est montrée sur aucune chaîne de télévision. Les 13 épisodes – nous en avons à ce jour visionné 7 – sont offerts exclusivement aux utilisateurs de Netflix. Ces derniers peuvent les regarder quand ils en ont envie, sans publicités, sans résumés avant chaque début d’épisode, sans «la semaine dernière, dans House of Cards». Pas besoin d’attendre sept jours avant de connaître la suite, pas besoin de se précipiter pour acheter le coffret DVD une fois qu’il sort en magasin. Tout est là.
Les deux premiers épisodes ont été réalisés par David Fincher (Fight Club), qui agit aussi à titre de producteur exécutif. On reconnait d’ailleurs la signature soignée du célèbre cinéaste américain. Visuellement, on n’est pas loin de Social Network. Joel Schumacher (Batman Forever) signe la réalisation des épisodes 5 et 6.
Adapté d’une minisérie britannique de la BBC, également offerte sur Netflix, ce drame politique mise sur des éléments assez classiques. Jeux de pouvoir, de salissage, de séduction.
Kevin Spacey incarne avec son panache habituel un membre du Congrès qui est aussi whip du parti démocrate. Calculateur, froid, voire cruel, il fait équipe avec sa splendide épouse (Robin Wright), qui œuvre dans le caritatif, pour installer, subtilement, sa domination. Par le biais d’apartés très théâtraux, Spacey fait souvent des clins d’œil au spectateur et exprime le fond de sa pensée. Un aspect qui irrite au départ, mais auquel on finit par s’habituer.
La série s’intéresse aussi au monde en pleine mutation des médias. On suit ainsi le parcours d’une journaliste du Washington Herald incarnée par Kate Mara (la sœur de Rooney Mara, qui jouait Lisbeth dans le Millenium de Fincher). Une jeune femme à l’éthique flexible, amoureuse des réseaux sociaux, qui tient tête à son patron, fier et touchant défenseur des médias traditionnels.
Rythmée, bien construite et portée par d’excellents acteurs, House of Cards est une série aux intrigues intéressantes, aux jeux politiques prenants. Et surtout, son accessibilité est adaptée à l’horaire de chacun. Le début d’une ère nouvelle?
