Il n’y a pas qu’Hollywood qui raffole des suites. Le Royaume-Uni cherche lui aussi à recréer des succès passés. En 1999, le petit film indépendant East is East, de Damien O’Donnell, a connu une carrière aussi triomphale qu’inattendue en salle, remportant de nombreux prix partout sur son passage.
Une décennie plus tard, l’équipe décide de remettre ça avec West is West, qui se déroule quelques années après son prédécesseur. 1976 bat son plein à Manchester et papa Khan (Om Puri) est toujours aussi protecteur avec ses enfants. Afin d’éduquer correctement son turbulent fils adolescent (Aqib Khan), il décide de l’envoyer au Pakistan afin qu’il découvre la culture de sa famille. «J’ai toujours beaucoup aimé le premier film, raconte Andy DeEmmony, qui se trouve cette fois derrière la caméra. Je pense que c’est une chance de pouvoir retrouver ces gens pour une nouvelle aventure.»
Cette relecture qui ne déboussolera pas les amateurs de la première mouture par son mélange de rires et d’émotions risque cependant faire l’objet de comparaisons qui ne seront pas à son avantage. «C’est naturel de comparer, déclare le metteur en scène, joint en Grande-Bretagne. East is East a pris tout le monde par surprise, amenant beaucoup de gens à s’intéresser à cette culture. Mais mon film est dans le même esprit que le précédent. Ça pourrait même être un proche cousin. Cette fois, on en apprend davantage sur les personnages, sur le père notamment. Je pense qu’il faut laisser les comparaisons de côté et permettre aux deux films d’exister par eux-mêmes.»
Présentant une image positive et sereine du Pakistan, le cinéaste n’a pas voulu entrer dans les détails de la vie politique du pays, lui préférant une quête identitaire, une exploration des fondements parentaux par un de ses enfants. «Lorsque j’ai lu le script, ce qui m’a touché est le lien familial, explique celui qui travaille principalement à la télévision. J’ai pu faire plusieurs liens avec mon père. Et je pense que c’est ce qui va toucher les gens. Ce sont des histoires universelles qui vont parler à plusieurs personnes. Traiter de politique peut être dangereux. Surtout que le contexte politique a changé depuis le temps. Je pense que les histoires humaines portent les aspects politiques en elles.»
Élargir ses horizons
Avec ses Oscars et son triomphe planétaire, Slumdog Millionnaire, de Danny Boyle, semble avoir donné le goût aux pays occidentaux de faire des longs métrages qui se déroulent en Orient, aux confins des lieux connus et communs. «Je pense que c’est le cas, acquiesce Andy DeEmmony, le réalisateur de West is West, dont l’action se situe principalement au Pakistan. Je sens qu’il y a plus d’intérêt, notamment du public britannique. Le monde est de plus en plus globalisé, alors je pense que c’est intéressant de découvrir de nouvelles cultures, des endroits différents de la planète. La Chine fascine de plus en plus de personnes, tout comme l’Inde. Les films sont un des meilleurs outils pour connaître un pays.»
West is West
Présentement en salle