Avec Sucker Punch, Zack Snyder, le réalisateur à qui on doit 300 et Watchmen, présente pour la première fois un film basé sur sa propre idée originale… Et le mot «originale» est faible – on y suit un groupe de jeunes femmes qui doivent s’échapper d’un hôpital psychiatrique en utilisant leur imagination. Métro s’est entretenu avec le cinéaste.
Vos films sont très originaux. Vous arrive-t-il de vous faire mettre des bâtons dans les roues par les studios?
Oh oui! C’est ça, le danger. Les gens des studios ont souvent des idées préconçues sur ce qu’est un bon film et sur ce que vous devriez faire en tant que cinéaste. Pour ma part, je crois qu’il faut être fidèle à ce qu’on est. Je crois que je repousse les limites à plusieurs égards avec ce film; c’est une distribution féminine, le scénario a une structure complexe et la fin est sombre, pas nécessairement celle qu’on espère… et croyez-moi, le studio n’a pas aimé la fin! Mais il faut se battre pour ses convictions.
Le fait que votre femme (Deborah Snyder) soit également votre productrice aide-t-il à gagner ce genre de bataille?
C’est l’aspect le plus merveilleux à propos de Debbie. Elle me protège. C’est elle qui se bat chaque jour pour être certaine que le film demeure ce que je veux qu’il soit. Elle est une vraie battante.
Vous avez entrepris de tourner Sucker Punch alors que vous terminiez Legends of the Guardians. En quoi les deux films sont-ils différents?
Guardians a été difficile politiquement, parce que, quand on fait quelque chose qui ressemble à un film pour enfants, il existe plein d’idées préconçues. Qu’est-ce qu’un film pour enfants? Qu’est-ce qu’on peut s’y permettre? J’aurais aimé que Rango sorte avant Guardians, parce que, quand on voit Rango, on réalise qu’ils se fichent complètement des enfants; ils voulaient faire un film cool. On avait ce potentiel, je crois, avec Guardians, mais tout le monde a dit : «Non, non, non, tu ne peux pas faire ça, tu dois faire un film pour enfants!» Je me suis disputé avec les gens du studio parce que je voulais faire un film d’aventure avec des hiboux, tout simplement. Mais ils tenaient à ce que j’édulcore le tout pour que les parents ne paniquent pas. Mais j’ai tout de même vécu une belle expérience… c’est un bon film!
Avez-vous pensé à tourner Sucker Punch en 3D?
Absolument. On a considéré l’idée très sérieusement, jusqu’à ce que je dise :?«Je ne sais pas si je vais pouvoir arriver au même résultat qu’avec Guardians, à cause du processus de conversion.» Convertir un film complet en 3D n’est pas si facile. C’est plus complexe que les studios ne l’imaginent – personne ne le sait, en fait. Actuellement, les studios dépensent des millions et des millions de dollars dans les films en 3D – quelque chose comme 30 M$ de plus que ce que ça coûterait pour faire un film en 2D. Alors j’imagine qu’il y a quelqu’un quelque part qui va finir par se dire : «Est-ce que ça vaut vraiment la peine??Est-ce qu’on fait de l’argent? Est-ce vraiment si génial?»