Quand on pense à la musique du monde, on pense aux rythmes traditionnels venus d’Afrique, des Caraïbes ou d’Amérique latine. Mais si la tradition est quelque chose que les organisateurs du Festival Nuits d’Afrique ont à cœur, la modernité leur importe tout autant, assure Frédéric Kervadec, responsable de la programmation internationale du festival.
M. Kervadec affirme que le festival, qui célèbre cette année un quart de siècle d’existence, mettra plus que jamais l’accent sur le renouveau et les artistes de la relève de la musique du monde. «On essaie d’être plus à l’avant-garde que jamais en proposant des soirées estampées électro à la SAT, dit-il. C’est la première fois qu’on se lance là-dedans; on veut explorer les frontières de la world remixée avec de l’électro, une avenue qui est de plus en plus empruntée par les artistes de la musique du monde.»
Pour ce 25e anniversaire, le festival fera néanmoins plusieurs clins d’œil aux grands noms de la musique du monde, qui ont marqué Nuits d’Afrique et ont eu un impact important sur la scène internationale. «On a des grands noms dans la programmation, comme Manu Dibango, qui est aussi notre parrain et qui ouvre le festival ce soir au Métropolis. C’est très symbolique pour nous de l’avoir, il est un peu le père de la world music, croit Frédéric Kervadec. C’est lui qui a créé le fameux tube Soul Makossa, repris par Michael Jackson et Rihanna. Il a marqué le festival et la musique du monde en général.»
Outre ses concerts en salle, Nuits d’Afrique offre un volet extérieur qui constitue une vitrine de choix pour les artistes locaux. Et cette année, pour la première fois, ce volet déménagera ses pénates dans le Quartier des spectacles, où le public aura notamment droit à quatre grands concerts d’artistes d’envergure internationale (Meiway & le Zo Gang, Oumou Sangaré, Soukous Stars et Kassav’). «On est encore plus centraux, ce qui va nous permettre de toucher un plus grand nombre de personnes», se réjouit M. Kervadec.
Celui-ci souligne à quel point la musique du monde s’est démocratisée depuis les débuts du festival : «On sent qu’il y a un nouveau souffle depuis quelques années, un renouveau qu’on doit au métissage. Il y a toujours une base de rythmes africains, caribéens ou latins, mais c’est mêlé avec une base de pop, de rock, de folk…»
Le directeur de la programmation fait aussi remarquer que le public de Nuits d’Afrique est très métissé. «C’est d’ailleurs une de nos forces, croit-il. Depuis le début, on arrive à toucher un public de masse, on rassemble les Québécois de souche et les communautés culturelles.»
Festival Nuits d’Afrique
Jusqu’au 24 juillet