Tom Hanks est le premier à avouer que sa nouvelle comédie Larry Crowne, qui raconte l’histoire d’un homme d’âge moyen qui retourne au collège après avoir perdu son emploi, tient quelque peu de la vente agressive dans une saison estivale qui regorge de films, notamment de films de superhéros.
«Comment pouvons-nous faire face à la concurrence du marché? se demande-t-il. Pardonnez-moi, je n’en ai pas la moindre idée. Ce sera intéressant.» «Vous savez, on dit que l’été se caractérise par des superproductions de premier plan, poursuit-il. Mais ce n’est pas que l’été. C’est toute l’année. On pourrait interviewer les gourous du marketing et ils parleraient tous des dates de sortie, de la contre-programmation et bla bla bla. Au bout du compte, le film doit être bon et drôle, en plus de ne pas donner l’impression aux gens qu’ils ont perdu leur temps.» C’est beaucoup demander. À titre de réalisateur, de coscénariste et d’interprète du personnage principal, Tom Hanks est plus qu’à la hauteur. Du reste, il ne s’inquiète pas sérieusement de la concurrence. «En passant, le film dans lequel le gars en costume, après l’explosion de la planète, finit avec la fille parce qu’il voyage dans le temps est nul», dit-il en riant. Toutefois, le chic type en lui le pousse à ajouter rapidement le commentaire suivant : «Je ne dis pas qu’un film est nul, mais vous comprenez où je veux en venir.»
L’histoire d’un quinquagénaire qui retourne aux études évoque une crise de la cinquantaine pour la majorité des gens, mais Tom Hanks estime que ce n’est pas exactement le cas. «C’est une catastrophe de la cinquantaine, pas une crise de la cinquantaine, précise-t-il. Une crise, c’est quand vous vous levez un matin et que vous vous dites : « Oh, j’ai tout ce que je veux, mais je suis malheureux. » Ce n’est pas ce qui arrive à Larry. Il pense qu’une superbe journée s’annonce, puis il se fait renvoyer.»
Tom Hanks n’était peut-être pas le choix le plus prévisible pour un film qui défend l’importance des études supérieures. «Vous parlez à un gars qui a décroché après sa troisième année de collège parce qu’il a commencé à travailler dans le domaine dans lequel il étudiait, confie-t-il. Quelqu’un m’a offert un emploi d’acteur alors que j’étudiais en arts dramatiques.» Toutefois, à l’occasion de la cérémonie de remise des diplômes à l’Université de Yale cette année, il a prononcé un discours qui ne véhiculait probablement pas le message selon lequel les études collégiales ne sont pas nécessaires.
Même s’il a réussi sa vie sans avoir décroché de diplôme collégial (tout comme Julia Roberts), Tom Hanks ne manque pas de faire remarquer que lui et sa collègue se souviennent encore des moments difficiles, avec ou sans Oscar. «Nous avons tous deux traversé une période où nous habitions une maison que nous n’avions pas les moyens de louer dans la vallée et où nous étions sans emploi, raconte-t-il. Nous n’avions pas travaillé depuis 13 mois, et le téléphone ne sonnait toujours pas. Nous nous demandions si nous n’allions pas accepter un emploi au restaurant Wienerschnitzel de Laurel Canyon. Une fois qu’on a vécu cette expérience, on ne l’oublie jamais totalement.»
Servir des saucisses sur des pains de bretzel n’était pas ce que l’avenir réservait à Tom Hanks. Après tout, il a gagné deux Oscars, plus précisément pour les films Philadelphia et Forrest Gump. Où les a-t-il rangés? «Ils sont sur une tablette avec les trophées, les prix équestres et les plaques de soccer des enfants, répond-il. Ces petits objets brillants, c’est la quincaillerie de la famille qui souligne nos réalisations.»
Larry Crowne
En salle dès vendredi