Dans Beginners, un homme, peu après le décès de sa femme, annonce son homosexualité à son fils et devient du jour au lendemain un homme flamboyant, qui profite de la vie au maximum. Mike Mills s’est inspiré de l’histoire de son propre père pour composer ce personnage coloré. Métro s’est entretenu avec le cinéaste.
Quand avez-vous décidé d’écrire ce scénario?
Quand mon père était malade, il a essayé de m’expliquer son mariage avec ma mère. Il m’a dit : « Quand on s’est mariés, ta mère a rangé son badge de juive, et moi mon badge d’homosexuel. » Et je me suis dit que c’était une histoire géniale, parce qu’elle s’inscrit dans l’histoire américaine, à un niveau plus large. Ça m’a permis de montrer à quel point nos vies personnelles, intimes et sexuelles sont façonnées par l’Histoire. Et après le décès de mon père, c’est devenu une façon de lui rendre hommage.Comme pour Thumbsucker, votre premier long métrage, les limites sont floues entre ce qui est réel et ce qui est imaginaire.
Est-ce la façon dont vous aimez aborder la fiction?
Je ne crois pas que la fiction soit complètement imaginaire, ni un rapport exact de ce qu’une personne a vécu. Pas plus que le documentaire, d’ailleurs; l’objectivité n’existe pas, à mon avis. J’aime donc beaucoup passer de l’imaginaire à la réalité.
Quand vous écriviez le scénario, aviez-vous déjà en tête Ewan McGregor et Christopher Plummer?
Pas quand j’écrivais; ça ne fonctionne pas pour moi! En plus, je ne suis pas un réalisateur célèbre, alors ça aurait été comme un rêve un peu fou de songer à un acteur comme Christopher Plummer. Mais j’ai été très chanceux, ils ont trouvé le projet intéressant, même si je n’étais pas très connu. Qui l’eût cru?