Culture

Éric Lapointe: la symphonie du rockeur

Marc-André Lemieux - Métro

Éric Lapointe a tenté d’écrire une chanson sur la paternité durant la grossesse de sa blonde, mais en vain. «C’était trop abstrait : on n’avait pas encore l’enfant dans nos bras», explique-t-il.

Ce n’était que partie remise puisque le 19 février dernier, jour de la naissance de Christophe-Arthur, l’ins­pi­ration est revenue. Quelques semaines après l’arrivée du poupon, le rockeur a repris sa plume, cette fois en compagnie de ses fidèles complices Roger Tabra et Stéphane Dufour. Ensemble, ils ont pondu Regarde bien, une pièce qu’Éric Lapointe étrennera vendredi soir à la Place des Arts, en ouverture des 23es Franco­Folies. Pour l’occasion, le chanteur sera non seule­ment accompagné de son groupe, mais aussi de l’Orchestre symphoni­que de Montréal.

Au total, 76 musiciens fouleront les planches de la salle Wilfrid-Pelletier. «C’est un rêve que je caresse depuis longtemps, révèle-t-il. C’est sûr qu’il y a une pression supplémentaire : il faut que je sois à la hauteur. C’est un challenge, mais je trouve ça l’fun, parce que je suis accro à l’adrénaline. J’aime avoir peur. Et dans ce métier-là, il faut aimer le risque, il faut aimer sauter sans filet.»

Éric Lapointe a peiné à sélectionner les titres qu’il interprétera sur scène. Après mûre réflexion (et les conseils de Scott Price et de Luc Gilbert, chargés de réaliser les maquettes), il a circonscrit son choix à 24 piè­ces. «S’il n’en avait tenu qu’à moi, je les aurais toutes faites! s’exclame-t-il. Mais il fallait composer avec la convention collective de l’OSM : je ne peux pas les obliger à faire un show de trois heures et demie! On va essayer de rentrer nos 24 tounes en 2 heures. Je ne parlerai pas trop. De toute façon, je n’ai pas l’habitude de beaucoup jaser entre les chansons. Si j’avais eu de la facilité à m’exprimer en paroles, je n’aurais jamais ressenti le besoin d’écrire des chansons.»

Arrangements symphoniques obligent, plusieurs ballades figureront au menu du concert, qui fera l’objet d’un album live à l’automne. Mais qui dit ballades, ne dit pas nécessairement ber­ceuses ou, pire, chansons mielleuses. «J’ai ben des ballades qui sont très rock dans les thèmes, comme Loadé comme un gun, observe-t-il. Et un orchestre symphonique, ça peut être très rock’n’roll.»

Éric Lapointe a donné plusieurs concerts à grand déploiement depuis ses dé­buts fracassants en 1994 avec les tubes Terre promise et N’importe quoi. En 2006, il a notamment ouvert le 39e Festival d’été de Québec avec un spectacle auquel participaient une trentaine de musiciens. «J’ai déjà fait des shows avec des cordes. Ça fait toute une différence, dit-il. Rien qu’à imaginer ce que ça va donner le 10 juin, ça me fait dresser le poil sur les bras.»

Lapointe ne chômera pas durant ces 23es FrancoFolies, loin de là. En plus d’assurer l’ouverture du rendez-vous, il participera au retour sur scène de Jean-Pierre Ferland (15 juin à la salle Wilfrid-Pelletier) et à l’hommage à Gerry Boulet, le 13 juin sur la place des Festivals. Plus tard cet été, il retrouvera Guy A. Lepage pour le grand spectacle de la Fête nationale au parc Maisonneuve (24 juin) avant d’aller faire un tour du côté de la Vieille Capitale pour un concert spécial en formule big band sur les plaines d’Abraham (13 juillet). Le tout dans le cadre de la tournée Jusqu’au bout, qui s’arrêtera à Saint-Jean-sur-Richelieu pour l’International de montgolfières (16 août). «Il y a peu de gens qui ont la chance de vivre de leur passion. C’est un privilège. Et j’en suis conscient», souligne-t-il.

Lapointe espère pouvoir emmener sa petite famille avec lui durant ce périple estival. Le rockeur compte initier son fils à la vie sur la route. «Mais pour l’instant, je lui épargne ça. Il ne fait pas encore ses nuits, ça serait difficile.»

Quand on lui demande s’il souhaite que Christophe-Arthur suive ses traces et fasse carrière dans la musique, Lapointe hausse les épaules. Chose certaine, il ne se gênera pas pour lui donner quelques conseils. «Je vais être mal placé pour le décourager! Mais c’est sûr que je vais l’avertir. La route est longue. Il faut que ce soit une passion parce que c’est un métier où il n’y a jamais rien d’acquis. Tout est toujours à recommencer. Le succès, ça dure une fraction de seconde. En vivre, c’est extrêmement difficile. Il faut constamment se battre.»

Éric Lapointe et l’OSM
À la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts
Le vendredi 10 juin à 20 h

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