Culture

Gros plan sur Sir Ben Kingsley

Heidi Patalano - Metro World News

L’année dernière, Ben Kingsley a incarné un médecin mystérieux dans le film Shutter Island de Martin Scorsese. Cette année, il a de nouveau fait équipe avec « Marty », comme il l’appelle affectueusement, dans le cadre d’un projet plus léger. Dans le film Hugo, Ben Kingsley incarne l’un des premiers cinéastes au monde, Georges Méliès, qui a réalisé Le voyage dans la Lune et des centaines d’autres films muets au début du 20e siècle. Ben Kingsley a accordé quelques minutes de son attention pleine et entière au journal Métro pour discuter du tournage du film 3D Hugo et de son prochain film, The Dictator.   

Le film Le voyage dans la Lune de Georges Méliès est l’un des films cultes du début du cinéma. Vous souvenez-vous de l’endroit et du moment où vous l’avez vu pour la première fois?
Je ne me souviens pas du moment, mais je sais que j’allais à une bonne école qui avait créé un ciné-club. Nous pouvions regarder des chefs-d’œuvre cinématographiques qui dataient de longtemps. Je me rappelle d’avoir regardé les films de Fritz Lang et d’Eisenstein et je pense qu’il y avait Le voyage dans la Lune parmi ces films, car je sais que je l’avais vu avant de recevoir l’offre [de Martin Scorsese]. Il me disait quelque chose.  

Le tournage en 3D du film Hugo a-t-il eu une incidence quelconque sur votre prestation?
Oui. La caméra 3D a apporté une sorte de prime caractérisée par d’innombrables détails, mais très peu d’imagerie informatisée, ce qui a considérablement nourri notre prestation et nous a permis de bien rester dans la peau de nos personnages. De plus, l’examen minutieux qu’effectue une caméra 3D est assez alarmant. J’ai constaté dès le départ que la caméra 3D voyait tout ce que l’on faisait. Elle est tellement précise. C’est un rayon X. On peut observer des changements de langage corporel ou d’expression faciale très délicats, presque le pouls. Avec une caméra 3D, il ne faut pas jouer la comédie, frimer et faire son malin. Bien entendu, M. Scorsese recommandait d’être simple et authentique. C’est pratiquement sa maxime.


Sur le plateau du film Hugo, vous restiez dans la peau de Georges Méliès, tel qu’il était vers la fin de sa vie, excentrique et renfermé. Comment vos co-vedettes Asa Butterfield (Hugo) et Chloe Grace-Moretz (Isabelle) réagissaient-elles?

Il était presque obligatoire pour moi de rester dans la peau de mon personnage. Je suis assez en forme et mince, mais je devais porter un gros ventre et une bosse sur les épaules pour avoir une silhouette abattue. Je ressemble davantage au Georges [plus jeune] qui réalisait dans la maison de verre. Ç’aurait été compliqué d’enlever tout cet attirail, alors je me suis dit que je devais rester dans la peau de mon personnage. Même s’il était triste et quelque peu vaincu, j’ai aimé devoir rester dans la peau de ce personnage. J’ai ensuite appris à en tirer parti. J’ai commencé à parler aux deux jeunes [Chloe Grace Moretz et Asa Butterfield] en français. J’ai constaté que cela nourrissait notre travail. Lorsque Marty disait « Action! » à Asa, il avait déjà affaire à moi.  


Vous partagez l’affiche du film Hugo et The Dictator avec Sacha Baron Cohen. Décrivez-nous le personnage que vous jouez dans ce dernier.

J’étais comme sur le plateau de Chaplin ou des frères Marx, et le personnage principal déployait son génie sublime. Chacun a sa fonction. La mienne, Dieu merci, était celle du faire-valoir, car c’est suicidaire de tenter d’être comique en présence de Sacha. Personne n’arrivera jamais à l’égaler. Je suis un pince-sans-rire. Il incarne un dictateur, reconnaissable, très étrangement. Il l’a inventé deux mois avant le commencement du Printemps arabe. Je joue le rôle de son responsable de la sécurité et fournisseur de femmes impassibles. J’ai aimé travailler avec lui. Ce film tombe à point nommé. 

Hugo
En salle des vendredi

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