Rowan Atkinson, vénérable acteur comique britannique, est célèbre au-tant pour son personnage empoté et quasi silencieux de Mr. Bean que pour son personnage sarcastique et méprisant d’Edmund Blackadder. Il revient au grand écran cette année dans Johnny nglish Reborn (Johnny En-glish renaît) en personnifiant un autre de ses personnages connus, un espion britannique «anti-Bond» et maladroit. Encouragé par la deuxième vie surprenante du premier film en format DVD et la revitalisation par Daniel Craig de la franchise dont il se moque, Rowan Atkinson espère que son espion est impérissable. À en juger par le succès que le film obtient au box-office à l’étranger, il n’a pas à s’inquiéter!
Le film a remporté beaucoup de succès partout dans le monde.
Lorsque l’on apprend que le film est numéro 1 en Malaisie, à Hong Kong, en Indonésie et dans d’autres pays, on se dit que c’est curieux. Vous savez, j’ignore absolument tout de ces cultures. Il est intéressant qu’elles soient sensibles à quelque chose comme Johnny English Reborn, n’est-ce pas? Ou la Russie. J’y suis allé à l’occasion d’une première. C’était fascinant, notamment en raison de la postsynchronisation en russe. J’avais l’impression d’avoir une voix légèrement efféminée, mais peut-être qu’ils perçoivent les Britanniques ainsi. C’est probablement une sorte d’indication hors-texte russe : assurez-vous que les Britanniques aient l’air un peu efféminé.
D’où vous est venue l’idée de reprendre le rôle de Johnny English?
À sa sortie, les gens estimaient que le premier film avec Johnny English était un peu facile et joyeux. Des choses comme «Trois bonnes blagues et puis quoi après?» Assez bizarrement, il a acquis la réputation d’être vu DVD que les enfants, en parti-culier, peuvent écouter des dizaines de fois. Il s’agit de la deuxième exploitation, comme on dit, c’est-à-dire celle des cotes d’écoute de la télévision et des ventes de DVD. C’est là que Johnny English a étonnamment réussi. Du point de vue commercial, je suppose que ce succès justifie la suite.
Et Bond connaît un regain…
Oui, exactement. En réalité, au sujet du phénomène Daniel Craig, la bonne chose est qu’il excelle dans ce rôle et qu’ils ont décidé – j’en suis certain, à raison – d’aller vers un style plus sérieux, ce qui nous ouvre de plus larges perspectives. Johnny English Reborn ressemble probablement un peu plus – mais seulement un peu – à un film de James Bond d’il y a 10 ou 15 ans, qui était plus amusant et contenait plus de blagues idiotes.
Êtes-vous tenté de revisiter certains de vos autres personnages, comme Mr. Bean?
Je crois que Mr. Bean est mort et bien mort. Non, il n’est pas mort. Juste à la retraite. Je ne veux pas qu’il vieillisse. Je préfère qu’il soit tel qu’il était au lieu de ce qu’il serait maintenant si je l’incarnais, car je suis plus vieux que je l’étais. Je ne crois pas que c’est parce que je ne pourrais pas jouer ce rôle physiquement. Je pourrais, mais je crois que son époque est révolue.
L’art de faire rire entrevue.
L’un des meilleurs gags du film Johnny English Reborn est tout simple. Au cours d’une rencontre avec le premier ministre, Rowan Atkinson ne parvient pas à régler la hauteur de son fauteuil. Il s’agit d’un gag classique de la comédie bouffonne, mais, comme l’acteur l’explique, une chose aussi simple nécessite beaucoup de réflexion. «Un grand nombre de facteurs entrent en jeu, précise-t-il. Le simple contraste entre une réunion très sérieuse du premier ministre et de ses conseillers en matière de renseignement, dont Johnny English, et l’incapacité ridicule d’une personne qui ne parvient pas à régler sa chaise pneumatique représente l’un d’eux. Malgré tout, personne n’interrompt la réunion pour lui demander d’arrêter de jouer avec sa chaise.
Il y a quelque chose dans le caractère officiel et sérieux de la scène qui signifie que l’on n’oserait jamais faire ou dire cela et que l’on ferait semblant de rien. «Cette scène illustre une remarque de Charlie Chaplin que j’aime énormément, selon lequel la vie est une tragédie en gros plan et une comédie en plan d’ensemble, dit-il. Moins on fait de montage, plus les choses sont drôles.»
Johnny English Reborn
En salle dès vendredi