Fort-Aimable est le nom d’un village francophone imaginaire de l’Ontario. Un de ses habitants (Marc Marans) a voulu faire fortune à Montréal et il doit retourner chez lui afin de créer une bière magique qui favorise la fertilité!
Bienvenue dans l’univers de La Sacrée, la première comédie franco-ontarienne du Canada. «C’est rare et difficile de faire un film en français à l’extérieur du Québec, déclare le metteur en scène Dominic Desjardins, rencontré dans un restaurant montréalais. Les gens n’ont pas l’habitude. Pour le financement, il fallait convaincre tout le monde…»
Aucun des acteurs ne s’est pourtant fait prier. Bien au contraire. Le désir était grand de tourner dans sa langue et dans sa propre province. Marc Marans, qui s’est surtout fait connaître au théâtre, en est un bon exemple. «Je suis originaire de Sudbury, en Ontario. C’est un projet qui vient de chez nous. L’histoire m’a attiré. Je l’ai su trois semaines avant de faire ce projet-là et j’ai tout laissé tomber.»
Plus qu’une fable sur un homme qui passe son temps à mentir à son entourage, La Sacrée est une œuvre identitaire où les parallèles sont nombreux entre la ville et la campagne.
«Quand on va dans la grande ville et qu’on vient de la campagne, on s’adapte à la grande ville. Mais on laisse un peu de ses origines derrière, affirme Dominic Desjardins. Il y a un moment dans la vie où il faut accepter d’où l’on vient. Ça ne veut pas nécessairement dire qu’il faut déménager à la campagne, ça veut juste dire de ne plus en avoir honte et réaliser que les défauts de son village, les gens et les accents locaux, font partis de nous.»
Damien Robitaille : l’homme qui me ressemble
Surprise! Le meilleur ami du personnage principal est défendu par le chanteur Damien Robitaille, quiobtient dans La Sacrée son premier rôle au cinéma.
«Je trouvais que c’est un personnage qui me ressemblait, explique le sympathique auteur-compositeur-interprète. Si je n’avais pas quitté mon petit village de Lafontaine, en Ontario, je serais probablement un peu comme lui. Je m’imaginais Damien restant en campagne. Je porterais probablement plus des bottes de caoutchouc! Puis, il y a un côté de moi qui aimerait probablement ça, retourner vivre en campagne…»
Le cinéaste Dominic Desjardins est habitué à travailler avec des musiciens – Antoine Gratton était au générique de son précédent long métrage, Le divan du monde – et il a guidé le créateur de l’album Homme autonome dans cette nouvelle aventure.
«Le réalisateur voulait que je sois aussi naturel que possible, se rappelle Damien Robitaille, qui cite Casablanca et The Thin Red Line parmi ses films préférés. Je n’avais jamais eu de training là-dedans et j’avais peur. Je me disais que les comédiens allaient me prendre pour un frais-chier : le chanteur qui arrive pour voler leur job. Mais non. Dominic était là pour me mettre à l’aise.»
La Sacrée
En salle dès le 30 septembre