Tout le monde se souvient de l’affaire Bernard Madoff, l’homme qui a réussi à frauder de nombreux investisseurs pour 65 G$. Mais ce que certains ignorent, c’est que pendant 10 ans, un analyste en sécurité financière, Harry Markopolos, a tenté d’attirer l’attention sur le stratagème de l’homme d’affaires, qu’il avait percé à jour, mais sans succès.
Situation inquiétante s’il en est une, sur laquelle s’est penché le cinéaste canadien Jeff Prosserman dans son premier long métrage documentaire, Chasing Madoff. Métro s’est entretenu avec lui.
Pourquoi vous être intéressé à cet aspect particulier de l’affaire Madoff?
Quand le scandale a été mis au jour en décembre 2008, j’ai réalisé que des milliers de personnes avaient été dévastées par celui-ci. Et quand j’ai découvert qu’il y avait cet homme, Harry Markopolos, qui avait identifié tous ces drapeaux rouges sans que personne ne fasse quoi que ce soit, j’ai compris qu’il y avait une histoire incroyable à raconter. De plus, ce n’est sûrement pas la seule histoire de ce genre…
C’est effectivement une histoire si incroyable qu’on imagine facilement un scénario de thriller… Pourquoi avez-vous plutôt choisi le documentaire?
Le projet de fiction est justement en développement! Mais on a considéré qu’il était important de faire d’abord connaître l’histoire le plus rapidement possible au public. Grâce au documentaire, on avait un accès direct à tous les témoignages et aux documents que Harry et son équipe ont amassés au fil des années.
Harry Markopolos avait refusé des offres de scénarios dans le passé. Est-ce que ç’a été dur de le convaincre?
On est entrés en contact avec lui par le biais de son avocate. Quand il nous a rencontrés, on a pu le convaincre qu’on trouvait qu’il s’agissait d’une histoire importante qu’on voulait l’aider à exposer au monde.
Quel est votre sentiment à l’égard des organes financiers après avoir tourné Chasing Madoff?
Après avoir réalisé que personne dans le gouvernement américain, l’industrie financière ou les médias, n’a cherché à rétablir la justice malgré les nombreux avertissements de Harry et son équipe, ça me semble représentatif de la société. Je ne veux pas être fataliste, mais il est difficile d’avoir de l’espoir. Il faut qu’on soit très prudents et qu’on s’occupe de nous-mêmes, car personne au gouvernement ne le fera à notre place.
Chasing Madoff
En salle dès vendredi