Bernard Adamus connaît un réveil plutôt difficile dans son plus récent clip, Le cimetière. Tiré du lit par la sonnerie de son cadran, il se retrouve face à face avec la Mort en personne, qui l’apostrophe en lui lançant : «Heille Barnard, j’m’en viens t’chercher! Enwoeye!» (On ne savait pas que la mort avait un accent québécois aussi prononcé!)
On paniquerait à moins, mais le chanteur décide quand même de s’arracher à son matelas. Mauvaise idée, car à la suite de cette apparition funèbre, le pauvre Bernard accumulera les malheurs. Il se fait empoisonner l’existence par une armée de diablotins bien décidés à lui faire passer un mauvais quart d’heure : ils brisent sa vaisselle, renversent ses céréales, le font trébucher et finissent par le ligoter dans une scène qui n’est pas sans rappeler les voyages de Gulliver.
Il y a beaucoup d’humour dans cette réalisation de Gabriel Allard Gagnon, qui se permet même d’interrompre la chanson pour insérer un épisode comique dans lequel la mort se fait demander son permis de conduire par un policier bienveillant. Après un détour en enfer, Adamus retrouvera la chaleur de ses draps, mais quelque chose nous dit qu’il n’est pas au bout de ses malheurs.
Nouvelle vague
Les breastfeeders/Mes lunettes noires
Quand on l’a sollicité pour réaliser le plus récent clip des Breastfeeders, Éric Morin a dû sentir qu’il pourrait enfin réaliser un fantasme visuel que partagent plusieurs de ses confrères.
L’ex-réalisateur de Mange ta ville a compris que l’imagerie rétro du groupe montréalais se prêterait à merveille au style cinématographique de la Nouvelle Vague, et il multiplie ici les clins d’œil à l’un de ses plus brillants représentants : Jean-Luc Godard.
Dans cette aventure en noir et blanc, les cinéphiles remarqueront des emprunts à Vivre sa vie, Masculin féminin, À bout de souffle et Bande à part. Même le titre de la pièce évoque le célèbre cinéaste, qui ne sortait jamais sans ses lunettes noires!
Éric Morin fait apparaître certaines paroles de la chanson en surimpression à l’écran, une autre technique empruntée à la Nouvelle Vague; mais il insuffle aussi une touche de modernité au clip en mettant en scène une inquiétante bande de jeunes ultraviolents qui s’en prennent à son héros masculin, sous les yeux parfois amusés de sa blonde, une sorte de version actualisée d’Anna Karina.
Les Breastfeeders sont montrés ici dans leur environnement naturel, la scène, et livrent une performance énergique qui dynamise cet exercice de style réussi.
L’univers MusiquePlus
À MusiquePlus
Le samedi à 15 h
Le cimetière de Bernard Adamus
[youtube http://www.youtube.com/watch?v=A0x_ZBg9XUA&w=560&h=345]
Mes lunettes noires de Les breastfeeders
[vimeo http://www.vimeo.com/28697107 w=400&h=225]
Les Breastfeeders: Mes lunettes noires from Bonsound on Vimeo.