Révélée sur le net grâce au clip de Video Games, Lana Del Rey publie l’album Born to Die. Rencontre avec une icône qui est tout sauf virtuelle.
On la dit inaccessible, froide, voire désincarnée. La chanteuse a pourtant accepté de nous recevoir en tête-à-tête au cours d’une journée de promo harassante. Le premier contact avec Lana Del Rey est très loin de l’image qu’elle renvoie. La jeune femme se précipite d’abord à la fenêtre de sa suite pour admirer la tour Eiffel illuminée, avant de lâcher quelques mots en français. Suit une conversation détendue, où la star apparaît enfin sous son vrai jour.
Comment est venue votre passion pour la musique?
J’ai commencé par chanter pendant deux ans dans des clubs à New York. Je m’installais au sous-sol et je faisais des morceaux plutôt folk. Je poursuivais mes études pendant ce temps-là. Je me suis assez vite tournée vers des ambiances plutôt cinématographiques.
Vous aviez déjà sorti un album sous votre vrai nom. Considérez-vous Born to Die comme le début de votre carrière?
Pas du tout! J’ai écrit mes premières chansons quand j’avais 20 ans, j’ai ensuite sorti un album qui n’a pas remporté de succès. J’ai mis beaucoup de temps à trouver mon univers musical et j’ai décidé d’adopter un style plus glamour.
Le titre Video Games a fait de vous une star mondiale en très peu de temps. Ça fait peur?
C’est vrai que c’est une sensation bizarre. (Elle s’interrompt et se lève pour vérifier que personne n’écoute à la porte.) J’ai toujours peur qu’on écoute ce que je dis en interview, ça me met mal à l’aise et ça me fait cogiter. Pour revenir à votre question, j’aimerais bien parfois que les choses se passent plus doucement, c’est un peu violent de se retrouver du jour au lendemain au cœur de toutes les conversations. J’aimerais parfois que tout soit plus facile.
Comment réagissez-vous aux critiques qui affluent sur le net?
J’ai tendance à ne pas m’en soucier parce que j’estime que j’ai toujours fait les choses de façon intègre dans ma vie. Je connais la vraie nature de mon âme, mais c’est vrai que ça peut me blesser. Dès qu’il s’agit de ma musique, je me sens assez fragile.
L’album sonne très hip-hop, ça fait partie de vos influences?
Quand j’ai enregistré le disque, j’ai rencontré mon âme sœur musicale, Emile Haynie [producteur de Kid Cudi et d’Eminem, NDLR]. Il a réussi à créer ce son si particulier, avec des beats qui renforcent le côté dramatique et une ambiance un peu sombre. Je voulais une voix qui fasse penser que j’enregistre les chansons après la mort, dans le plus bel endroit possible et imaginable. Cet album est comme un rêve prémonitoire qui se réalise.
Dans vos chansons, vous évoquez souvent la célébrité. Ça vous a toujours attirée?
Non, j’avais plutôt des am-bitions d’ordre personnel, comme fonder une famille. J’étais aussi très impliquée comme bénévole dans la communauté à New York. Je voulais surtout trouver un lieu où je pourrais chanter à n’importe quel moment de l’année.
Quel genre de petite fille étiez-vous?
Je suis allée dans une école catholique, où je voulais absolument me mêler aux élèves les plus populaires. Mais je savais que je n’y arriverais jamais. Ma scolarité n’est pas une période que j’ai vraiment appréciée. D’ailleurs, j’ai complètement coupé les ponts avec tous mes anciens camarades.
Le chant est-il arrivé très tôt dans votre vie?
Oui, j’ai toujours aimé fredonner des mélodies, dans ma chambre, sur le chemin de l’école ou avec ma mère. C’était ma façon de communiquer avec les autres, mais je ne pensais pas du tout en faire un métier.
Quand avez-vous décidé de franchir le pas?
À 19 ans, je me suis demandé si j’allais m’autoriser à tenter ma chance, parce que cette idée me terrifiait, et je n’en ai parlé à personne dans mon entourage. J’ai toujours trouvé stupide de se lancer dans un métier artistique, j’étais gênée parce que c’est un peu égoïste. Maintenant, je me rends compte qu’un des secrets du bonheur, c’est de faire un truc qui nous plaise.
Y a-t-il des moments où vous regrettez de vous être lancée?
Je me sens mal quand les gens sont remplis de mauvaises intentions envers moi. Je le fais vraiment pour le plaisir d’écrire des chansons, d’imaginer un album et le chanter live. Quand j’ai écouté mon disque la première fois dans un magasin, j’ai senti que j’avais fait le bon choix.
On a dit que vous alliez mettre fin à votre carrière après votre prestation à l’émission Saturday Night Live…
Vous savez, on dit beaucoup de choses fausses à mon sujet… On prétend notamment que j’ai gardé mon boulot de gardienne d’enfants! Non, je ne suis pas près de mettre fin à ma carrière! (Rires)
Born to Die
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