Ça fait quelque temps que Charlotte before Christ d’Alexandre Soublière est dispo en librairie, pourtant lorsqu’on le rencontre, l’auteur nous confie qu’il a l’impression que les gens «ne parlent que de ça». Puis il ajoute : «Du moins dans le milieu littéraire.» Faut dire que plusieurs ont d’emblée qualifié son roman de celui «d’une génération», de celle des Y. «C’est lourd à porter!» avoue-t-il.
«Biz, à Plus on est de fous, plus on lit! a dit, lui, que ça représentait une partie d’une génération. Je trouve sa nuance importante et juste. Perso, un Y, je ne sais pas quelles sont ses caractéristiques, je ne sais pas ça part en quelle année ni ça finit en quelle année. Je ne le savais pas avant d’écrire le livre et je ne le sais pas plus maintenant.»
Roman d’amour rentre-dedans, Charlotte before Christ raconte la relation entre Sasha et Charlotte, lui fils de riche aux prises avec une maladie chronique, elle pauvre et poquée. Deux paumés qui s’aiment. Follement, mais tout croche. «La première raison pour laquelle je l’ai écrit, la plus noble, c’est vraiment l’écriture», raconte celui qui scénarise aussi la websérie Dakodak. «Je me suis dit tant qu’à écrire un roman, autant en faire un proche de moi. C’est sûr qu’il y a énormément de fiction, ici et là, il y a de l’autofiction vraiment égarée. Je ne suis pas aussi riche que ça, dans vie!»
Libre, sans contrainte, le premier roman de Soublière est dénué de censure. «Les éditions du Boréal, c’est une grande maison d’édition. Je me demandais au départ: ‘Est-ce qu’ils vont me dire : ‘Oui, on le sort, mais on le rend matante un peu?’ Mais ils ne m’ont jamais demandé d’enlever quoi que ce soit. C’est très hot.»
Plusieurs ont d’ailleurs comparé la plume corrosive de Soublière à celle d’un Bret Easton Ellis, auquel il fait certes quelques clins d’œil, mais dont il dit ne surtout pas se réclamer. «Bret Easton Ellis, c’est très froid, au contraire de Charlotte before Christ. Dans Less Than Zero, les personnages sont complètement vides, totalement engourdis, et ils ne cherchent rien. Sasha et Charlotte, eux, sont malsains et méchants, mais ils veulent vraiment croire à des choses, se faire un idéal amoureux qui fonctionne. Et ça, je ne pense pas que l’on verrait ça dans Less Than Zero ou Imperial Bedrooms…»