Culture

Camilla Läckberg, reine du crime

Grâce à sa plume et à ses polars, Camilla Läckberg s’est forgé un vaste bassin de fidèles. À l’occasion de la sortie du Gardien de phare, septième tome de la série des Erica Falck, l’auteure suédoise nous parle de ses personnages et de son univers.

Les lecteurs qui connaissent le monde de Camilla Läckberg prennent un plaisir fou à se replonger, année après année, dans ses polars. Depuis que le premier tome, La princesse des glaces, a été publié en 2008 dans sa traduction française – aux éditions Actes Sud, dans la collection Actes noirs, comme tous les romans de la série –, nombreux sont ceux à avoir craqué pour les personnages attachants, l’ambiance particulière et les intrigues aussi sombres que captivantes que raconte l’auteure. Pour cette dernière, chaque volet s’apparente d’ailleurs à «une réunion entre amis».

Les polars de Camilla ont tous pour cadre la Suède, et plus précisément le petit village côtier de Fjällbacka. Au centre de l’histoire, il y a le couple formé de Patrik Hedström, enquêteur sérieux, père aimant et amoureux attentionné, et d’Erica Falck, écrivaine entêtée, curieuse, qui n’hésite pas à mettre son nez dans les recherches de son mari lorsque ce dernier doit résoudre un crime.

C’est de nouveau le cas dans Le gardien de phare, septième tome de la série, qui vient de paraître en librairie. Un tome dans lequel un homme sans passé et sans histoire est retrouvé assassiné dans son appartement. Sans passé, vraiment? Ex-employé d’une association venant en aide aux femmes maltraitées, ce «loup solitaire» qui s’est mystérieusement fait tabasser par une bande de jeunes peu avant son assassinat n’était peut-être pas si solitaire que ça. Patrik mène l’enquête. Aidé de près par Erica, bien sûr.

Les droits des femmes ont toujours occupé une place importante dans votre travail. Dans Le gardien de phare, vous mettez en scène un organisme qui vient en aide à celles qui sont victimes de violence conjugale et vous décrivez l’enfer qu’elles vivent au quotidien. Est-ce une question qui vous a toujours touchée?
J’ai toujours aimé aborder des sujets actuels et les droits des femmes sont aussi pertinents aujourd’hui que lorsque j’ai commencé à écrire mon premier roman. La violence domestique est malheureusement un problème caché de notre société et j’ai espoir que mes livres suscitent des discussions.

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La sœur d’Erica, Anna, a elle-même été aspirée dans une spirale de violence et a dû surmonter bien des obstacles au fil du temps. Dans votre dernier roman, elle est de nouveau confrontée à un événement tragique. Est-ce que son personnage représente pour vous la résistance, la force féminine, le courage?
Anna, c’est une survivante! Ça prend une force inouïe pour se relever après tout ce qu’elle a vécu! Son personnage sert également à rappeler l’importance que prennent la famille et les amis lorsqu’on traverse des moments difficiles.

Une partie de l’action du Gardien de phare se déroule à Gråskär, surnommée «l’île aux esprits». Comme le veut le mythe – et son nom! – ce lieu est hanté. Même après avoir refermé votre livre, le lecteur continue de se demander : alors, est-ce que ce lieu est vraiment hanté? Et vous, croyez-vous aux fantômes?
J’ai assurément joué avec l’idée qu’il y a quelque chose après la mort. Je serais curieuse de savoir ce que les morts diraient s’ils pouvaient nous parler. Pour ce qui est de Gråskär, je ne suis pas sûre, mais beaucoup de gens qui ont visité l’île soutiennent qu’elle est hantée!

La maternité est très présente dans vos livres. Vous avez parlé de sujets aussi variés que l’adoption, la dépression postnatale, la mort d’un enfant… En tant que mère, êtes-vous naturellement portée à écrire sur la question?
Oui, je donne naturellement une grande place aux enfants dans mes livres. J’aime mettre en scène différentes générations et montrer comment elles interagissent entre elles.

Dans ce roman, vous liez pour la première fois le crime au crime organisé. Les motards et la drogue, vous vouliez en parler depuis un moment?
En fait, il y avait plein de discussions sur le sujet au moment où j’écrivais le livre. Je trouvais ça intéressant de parler de crime dans une perspective plus large.

Fjällbacka est situé près de la mer. L’eau en général est omniprésente dans vos livres, qu’il s’agisse de bains, de lacs, de vagues… Cet élément vous fascine-t-il?
J’ai grandi près de la mer, donc l’eau a toujours été importante pour moi. Je la trouve excitante, puisqu’elle peut être associée à tant de choses! À la vie, à l’espoir, à l’inconnu, au danger, à la mort…

L’amour entre Patrik et Erica ne semble jamais s’effriter. Même si les choses ne sont pas toujours parfaites entre eux, trouvez-vous qu’ils forment, eux, un couple parfait?
Je ne sais pas si une telle chose existe, mais je dois dire qu’Erica et Patrik sont les deux êtres les plus compatibles que je connaisse!

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