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Culture

MGMT @ Métropolis

Je viens de réaliser que le troisième album de MGMT est paru en septembre dernier. Je n’ai pas vu ça passer du tout. Une sortie assez discrète pour un groupe ayant obtenu autant de succès avec ses deux albums précédents. Oracular Spectacular, paru en 2007, nous a fait découvrir le duo formé de Benjamin Goldwasser et Andrew VanWyngarder. Un album éclaté et surprenant qui a pris tout le monde par surprise. MGMT était la coqueluche du moment. Le «talk of the town». J’ai même entendu Time to Pretend et Kids en attendant en ligne pour faire la Pitoune à La Ronde. Étrangement, le groupe n’a pas semblé apprécier cet engouement et a décidé de répliquer avec Congratulations trois ans plus tard. Un disque beaucoup plus subtil et progressif qui n’a pas eu le succès populaire du précédent, mais que j’ai personnellement adoré. Puis, dans un élan de ce qui pourrait être qualifié de sabotage commercial, voici que le groupe nous propose l’album intitulé MGMT, une œuvre sombre et complexe à la limite du glauque. J’écoute Alien Days en boucle depuis que j’écris cet article et je commence à peine à m’y faire. Assurément, une bibitte dans l’univers musical actuel. Qu’on aime ou pas, MGMT a le mérite d’essayer et de nous proposer quelque chose de différent. J’approuve.

J’aimerais qu’on parle des gens qui trashent dans les spectacles. Tsé les jeunes, là. Tsé ceux-là qui se sacrent des volées tellement ils sont contents de voir leurs artistes préférés sur scène. On aime tellement la musique qu’on a le goût de se pousser le plus fort qu’on peut et se rentrer dedans. L’adrénaline dans le tapis. Une activité un peu idiote quand on y réfléchit, mais qui a fait ses preuves quand c’est le temps de faire sortir le méchant. J’en suis coupable.

Dans le temps, on voyait ça plutôt dans les spectacles punk et métal, mais depuis quelques années, le hip-hop y goûte aussi. Surtout depuis que le rap a complètement transcendé les barrières raciales. Par expérience personnelle, je dirais que trasher est une affaire de blanc. Je ne peux l’expliquer, mais pour avoir vécu plusieurs spectacles de rap dans ma vie, je vous confirme qu’il est très rare de voir des gens trasher quand le public est majoritairement noir. Une étude anthropologique mériterait de se pencher sur le sujet.

Je parie un vieux 2 $ que ça va trasher au Belmont mardi pour A$AP Ferg. Un style saccadé et agressif qui était originalement réservé aux «bandits» du sud des États-Unis. En 2013, c’est indéniablement le trap qui domine la sphère hip-hop commerciale et plusieurs jeunes rappeurs en sont responsables. Le crew A$AP en fait partie.

Quand le rappeur A$AP Rocky a commencé à envahir l’internet en 2011, on a vite compris que ce ne serait pas qu’un feu de paille. Après avoir signé un contrat de disque de 3 M$ avec Sony, Rocky s’est assuré de fonder sa propre compagnie, A$AP Worldwide, du même coup. A$AP Ferg a suivi la voie pavée par son compatriote. Aujourd’hui, il est signé sur l’étiquette du crew ainsi que RCA et Polo Grounds. Son premier album solo intitulé Trap Lord est paru en août dernier et a atteint la neuvième position au Billboard américain. La chanson WORK est aussi l’un des très gros hits de la dernière année. Alors que Rocky semble aspirer à faire partie de la «haute» et qu’on parle de lui dans les journaux à potins, Ferg reste cru et sombre. Percer l’univers pop américain ne semble pas sa priorité. Ferg se vante de donner son 100 % peu importe ce qu’il entreprend. On verra ça sur les planches du Belmont de mardi. P.-S. : On se croise dans le moshpit.

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