Les artisans derrière le second volet de The Hobbit, The Desolation of Smaug, parlent à Métro de cette dernière offrande.
Alors que le premier Hobbit a été un immense succès au box-office, Peter Jackson a dû faire face à des critiques plutôt dures des fans et des journalistes pour son retour à la Terre du Milieu. Et autant il aurait aimé pouvoir se corriger, autant il avait peu de marge de manœuvre en entreprenant The Hobbit : The Desolation of Smaug (The Hobbit : La désolation de Smaug). «Il n’y avait pas vraiment moyen de changer quoi que ce soit, puisque tout était déjà tourné ou presque, à part les 10 semaines de reprises que nous avons faites cette année, la moitié étant destinée au troisième film, rappelle-t-il. Quand nous avons terminé les corrections, je commençais à peine à trouver mon rythme.»
Des choses ont changé cette année, toutefois. Il y a moins de montées aux barricades au sujet des 48 images par seconde – en fait, Jackson et compagnie ne tiennent pas à en reparler, même si l’option sera offerte selon les projections. Et l’histoire est plus étoffée, avec plus d’intrigues entrecroisées pour donner au public une pause de Bilbo et des nains, de temps en temps.
«Ce qui est bien avec le deuxième film, c’est qu’on n’a pas à mettre le contexte en place. On peut commencer directement dans l’histoire en présumant que personne n’ira voir ce volet s’il n’a pas vu le premier, fait remarquer Jackson. Malheureusement, malgré l’aspect romantique du grand écran, la 3D et tout ça, la vraie vie de ces films va commencer sur Blu-ray et en téléchargements pour les années – espérons-le – à venir. Alors on raconte une histoire en continu. Ce sont trois films, mais ils suivent une arche narrative et on essaie aussi de faire en sorte que chacun fonctionne individuellement. Pour celui du milieu, on appuie le pied sur la pédale de gaz.»
Avec ce dernier film en date, Jackson est bien conscient que certains spectateurs pourraient trouver insatisfaisante sa fin, qui nous tient en suspens, puisqu’il faudra attendre un an avant de connaître la conclusion. «Nous en avons parlé. C’était une occasion à saisir, c’est rare qu’on fasse trois films l’un après l’autre, pour pouvoir finir avec une fin en suspens, dit-il. Je me souviens de la fin d’Empire Strikes Back, quand j’avais 17, 19 ans. Ç’a pris trois ans avant qu’on sache enfin la suite. Nous sommes assez généreux en ne laissant passer qu’un an!»
Dans l’œil du dragon
La plupart des acteurs impliqués dans la série de films The Hobbit parlent des joies de devenir de facto résident de la Nouvelle-Zélande, puisqu’ils voyagent dans l’hémisphère sud pour tourner trois films l’un après l’autre après l’autre. Mais Benedict Cumberbatch, qui tient le rôle du dragon avide Smaug (et qui a aussi servi de modèle à quelques reprises pour le personnage du Nécromancien), n’y a été qu’une semaine. «C’était la plus grosse arnaque de ce contrat. J’ai terminé le travail en à peu près huit jours, dit l’acteur. J’ai l’impression d’être un imposteur.»
Et en plus, alors que la majeure partie de son temps à l’écran est partagé avec sa covedette de Sherlock, Martin Freeman (qui interprète le Hobbit du titre), Cumberbatch et l’interprète de Watson n’ont jamais été en présence l’un de l’autre durant le tournage. «Je n’ai pas du tout vu Martin, ce qui est triste, dit-il. Nous nous connaissons plutôt bien, alors nous avons en quelque sorte deviné nos performances respectives, à un certain degré étranges. C’est une dynamique très différente. Quand on tourne Sherlock, je suis dans la pièce avec Martin… et je ne suis pas une machine psychotique et volante qui crache du napalm. Mon Sherlock est parfois condescendant envers son Dr. Watson, mais ils sont amis. Ce n’est pas la même chose.»
Si lui et Freeman sont des copains de longue date, Cumberbatch n’a pu tisser des liens d’amitié avec aucune de ses nouvelles co-vedettes.
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Aussi étrange? Le fait de personnifier un dragon, une créature un peu plus abstraite et reptilienne que le Gollum d’Andy Serkis. «Ce sera seulement une imitation d’une créature serpentine qui peut cracher du feu et voler, parce que je suis un mammifère bipède limité… désolé, blague-t-il. Mais Peter Jackson le savait quand j’ai auditionné. Alors nous avons travaillé sur mes défauts pour les transformer en qualités.»
Ce travail a impliqué beaucoup de contorsion et d’inconfort. «J’ai essayé entre autres de serrer mes jambes l’une contre l’autre, oubliant le fait que j’avais des jambes, essayant de me sentir comme si j’avais un corps allongé en rampant sur le plancher avec mes coudes, utilisant mes mains comme des griffes et sur-articulant mon cou et mes épaules… à la grande joie de tous les physios qui ont eu la malchance de me soigner après le tournage!»
L’arrivée triomphale de Luke Evans
Vous avez joué vos scènes avant même la sortie du premier Hobbit. Comment était-ce, l’an dernier, de regarder les réactions et le box-office tout en sachant que, pour le public, vous ne faisiez pas tout à fait encore partie de la série?
C’était agréable, mais aussi un peu : «Ah, trop dommage que je n’en fasse pas encore partie», vous voyez? Mais j’ai attendu, j’ai pris mon mal en patience, et maintenant mon tour est arrivé, je suis dans l’histoire et je ne m’en vais nulle part. J’y suis et j’y reste jusqu’à la fin. C’était excitant à regarder.
J’ai personnellement préféré celui-ci.
Oui, parce que je suis dedans. Vous pouvez le dire, ça va! (Rires)
Est-ce que vous avez déjà une figurine à votre effigie?
Un bonhomme Lego, ce qui est plutôt chouette. Il ne peut pas plier ses bras, mais il a l’air cool. Il a un petit arc avec des flèches en plastique, et un visage vraiment fâché. Et pourtant, je ne suis pas si fâché dans le film! Ses sourcils sont tout froncés!
La Nouvelle-Zélande c’est un endroit magnifique, non?
C’est génial. Les Kiwis sont très fiers de leur pays et de la façon dont ils l’ont préservé. Surtout l’île du sud, qui est pratiquement vierge. On a à tout moment l’impression qu’un ptérodactyle va en surgir.
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The Hobbit : The Desolation of Smaug
En salle dès vendredi
