Culture

2013: la consécration de Breaking Bad

Walter White et Jesse Pinkman, de la série Breaking Bad

Walter White et Jesse Pinkman, de la série Breaking Bad

Fin d’année oblige, place aux bilans!

Dans le monde de la télé, on pourrait faire plusieurs palmarès et souligner une multitude de bons coups. Cependant, aucun n’encapsulerait l’année 2013 comme le phénomène Breaking Bad qui a présenté, cet automne, sa fracassante conclusion. Dans la foulée, la création de Vince Gilligan s’est propulsée dans l’imaginaire collectif et demeurera, pour les années à venir, une référence télévisuelle.

Le dernier épisode de la série, concluant la cinquième saison échelonnée sur deux ans, a rassemblé 10,3 millions de téléspectateurs. Entre la conclusion de la quatrième saison, avec ses 1,9 million de cotes d’écoute, et la finale de la série, l’auditoire était cinq fois plus imposant. Comment est-ce possible?

Gilligan a énormément misé sur le véhicule Netflix entre la quatrième et la cinquième saison et on peut maintenant affirmer sans se tromper que le pari a été payant.

En offrant le temps aux téléspectateurs de visionner tous les épisodes sur le populaire site de streaming, Gilligan et son équipe ont maximisé l’engouement autour de la dernière saison qui a été annoncée comme telle.

Pas de surprise – pas de suspense.

L’auteur derrière Breaking Bad a joué cartes sur table avec son public, faisant de l’émission phare d’AMC un rendez-vous incontournable lors des huit derniers épisodes présentés en 2013.

Quelques instants après chaque heure de la cinquième saison, Twitter s’enflammait, les billets de blogues se démultipliaient et il devenait très hasardeux de s’aventurer sur le web sans trébucher sur une révélation par rapport à l’épisode.

Pour les amateurs de la série, l’écoute en direct (ou le plus près possible) était devenue essentielle cet automne en raison des nombreuses conversations en ligne suivant chaque diffusion. Attendre avant de visionner un épisode n’était plus une option.

La stratégie de Gilligan a fait de Breaking Bad une pierre angulaire dans l’histoire de la télé.

Breaking Bad est le produit des réseaux sociaux et de la démocratisation de la télé en ligne. D’abord diffusée modestement par le biais des moyens d’usages (la chaîne câblée AMC), la série a transcendé son médium et est devenu l’objet de son auditoire. Un virage inattendu qui marque le début d’une nouvelle ère télévisuelle.

Avec le grand départ de Breaking Bad en 2013, 2014 sera vraisemblablement l’explosion de la télé du peuple. Libre des contraintes des grilles horaires, la télé en ligne s’imposera de plus en plus et le modèle tracé par Gilligan et son équipe sera l’exemple à suivre, ni plus ni moins.

On se souviendra d’abord de la série pour son contenu subversif et les incroyables dimensions des personnages comme Walter White (Bryan Cranston) et Jesse Pinkman (Aaron Paul). Mais à court terme, c’est l’improbable phénomène sur le web qui captivera l’attention des diffuseurs et, surtout, des publicitaires en quête de nouvelles avenues lucratives.

Il y aura, à tous les niveaux, un «avant» et un «après» Breaking Bad dans le portrait télévisuel.

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